‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 192 sur 221 · I. La comtesse de Questcnbcrg, sœur du prince de Kaunilz · texte numérisé non relu

I. La comtesse de Questcnbcrg, sœur du prince de Kaunilz

inquiétudes que sa maladie m'a données, et la joie que j'ai eue de sa convalescence. Si elle connaissait mes sentiments pour elle, elle verrait que je suis digne des bontés qu'elle a eues pour moi. Et le pelit comle Joseph ', qui est si aimable, il faut qu'il souffre que je l'embrasse; les bons procédés que l'on a pour les vieilles portent bonheur aux jeunes gens; ce sont œuvres pics.

Deuxième lettre.

Paris, 27 avril 1768.

Mon cher, mon aimable, mon adorable et adoré Prince, rappelez-vous une femme que vous avez honorée de votre amitié et à qui vous avez donné souvent le doux et précieux nom de votre maman. Eh bien ! celte femme est toujours digne de vos bontés par le tendre souvenir qu'elle en conserve. Non, jamais je n'oublierai les jours délicieux que j'ai passés près de vous, et jamais je ne cesserai de les regretter ; mais la crainte d'importuner mon adorable Prince me fait renfermer dans mon cœur tous mes regrets. Voici une occasion de les laisser s'exhaler ; s'ils sont bien reçus, mon Prince aura le bonheur de faire des heureux: moi, que vous aurez bien voulu écouter, et une famille que vous aurez bien voulu regarder.

J'ai appris qu'un nommé le petit Mozart, dit le petit prodige en musique, était à Vienne avec son père, qui est si touché du bon traitement de la Cour Impériale, qu'il est résolu de s'établir à Vienne sous la protection de mon Prince. Le père étant, et toute sa famille, de fort honnêtes

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