I. Mot illisible
différents pays, el nommément celle qu'elle a conservée sur bien des esprits en Pologne même, de façon à concourir au bien de mes affaires. Je n'ai point encore eu de réplique sur cette réponse. On ne m'a encore parlé nommément pour personne. Ainsi celui dont vous me parlez est encore à temps ; et je souhaite sincèrement qu'aucun empêchement majeur ne vienne à sa traverse. Vous savez combien il est rare que les rois satisfassent les voeux de leur projjre cœur, dans la distribution de leurs dons, tant ils sont, au vrai, assujétis par ces maudits mais indispensables égards, dus à la politique et aux circonstances. Mais, si rien ne m'empêche d'accorder cette décoration à celui dont vous me parlez, il sera vrai que j'aurai fait en cela la chose la plus agréable possible à moi-même. Il faut encore vous avertir que M. de Breteuil, qui est à Vienne, écrit à quelqu'un ici une lettre, que je viens de voir dans l'instant, pour demander si un Français pourrait encore espérer ce chapeau en cas de mort de l'évêque de Noyon. Il ne nomme personne, mais il me paraît aisé de deviner à qui il pense. Pour répondre à M. de Breteuil, je lui ferai savoir par la poste prochaine la réponse que j'ai faite à la cour de France. Je crois que vous conviendrez que, dans toute cette affaire, je ne puis ni ne dois faire autrement que je ne fais.
Quant à l'article des meubles que j'ai à Paris, vous aurez, ma chère madame, une autre lettre à part de moi sur cela, n'en ayant pas le temps aujourd'hui. Toujours est-il bien vrai que j'aime à reconnaître avec la plus tendre sensibilité tout ce qui me prouve l'intérêt que vous prenez à moi.
(Archives de la famille d'Estampes.)
Le Bureau d'esprit, comédie en cinq actes et en prose, parut dans l'automne de 1776. La brochure était anonyme, mais on ne tarda pas à en découvrir l'auteur, qui était un Irlandais, du nom du chevalier de Uutlidge. La pièce se passe tout entière dans le salon de madame Geoffrin, qui, sous le nom de Madame de Folincourt, en est le principal personnage. On y voit encore figurer d'Alembert sous le nom de Rediligne; Marmontel, Faribole ; Thomas, Thomassin; La Harpe, du Luth. Madame GeofTrin y est représentée sous les traits d'une pédante, prétentieuse et grotesque, repassant chaque matin, pour la journée qui vient, son répertoire de mots d'esprit et de pensées philosophiques.
Scène vni. — Madame de Folincourt est seule, et feuillette un gros mémorandum : « Bons mots pour la Cour de Varsovie; ce n'est point cela... Éléments politiques appli-
Ziga APPENDICE.
cables à toutes sortes de sujets et d'occasions ; je n'aurai pas besoin de ce chapitre aujourd'hui... Ripostes adroites et spirituelles à toutes sortes de louanges... Oh! lisons cet article, enfonçons-nous y tout à fait; j'en aurai besoin surtout au dessert. (Elle s'asseoit, et lit attentivement.) »
On peut juger par cette citation du ton général de l'ouvrage, parfaitement plat et insipide, et qui n'est qu'une pâle et grossière copie des Philosophes de Palissot.