‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 74 sur 221 · Lettre du lo septembre 1760. — Ibidem · texte numérisé non relu

Lettre du lo septembre 1760. — Ibidem

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afin qu'il puisse la guider en connaissance de cause, une sorte de confession générale, qu'elle intitule : Journal de ma vie. Lui, prend son rôle au sérieux, la prêche consciencieusement, la met en garde contre la promptitude de ses jugements, contre ses « engouements qui gâtent tout » , les dangers de l'excès de zèle, et certaine propension fâcheuse, sous prétexte de franchise, à « blesser l'amour- propre des gens qu'on prétend réformer ». Il procède par sentences: (( Soyez toujours de bonne foi avec vous-même... Croyez que la raison et les raisonnements ne mènent pas bien loin, et qu'on est plus heureux quand on est soumis à une plus grande autorité. » Et U la félicite un peu plus tard de la bonne volonté qu'elle met à suivre ces maximes : (( Vous êtes la première femme que je n'ai point vue résister aux bons conseils. Cette qualité est si rare que, quand elle serait seule en vous, vous seriez encore infiniment estimable à mes yeux. »

Toutes les lettres de Bernis à sa nouvelle pénitenfe ne sont point sur ce ton solennel et gourmé ; et, de loin en loin, la robe rouge du cardinal laisse passer un bout du collet du petit abbé d'autrefois, bien disant et de belle humeur : u Me voilà — écrit-il peu de temps après sa nomination à l'archevêché d'Albi ' —

I . Le billet suivant du duc de Penihièvrc à madame de la Ferté-Imbault fait allusion à celle nomination : « A Grécy, ce 3i mai 17G4. — Le nommé Louis remercie bien humblement

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dans les montagnes de mon diocèse, faisant bien simplement l'aputrc, et non plus le bon apôtre. Je me divertis à merveille avec mes cures et mes gentilshommes campagnards ; la fatigue lait trouver tous les gîtes bons et toutes les cuisines excellentes, mais elle ne permet guère les longues lettres... » Il décrit ensuite les réceptions enthousiastes qui l'accueillent dans sa tournée, et conclut galamment : « C'est une fort jolie chose que d'être aimé ! Vous le savez aussi bien que moi, car vous l'êtes beaucoup, et vous méritez de l'être'. » Ce ne sont pas là de vaines phrases; l'afTection de Bernis pour la bonne et indulgente (( prêcheuse » de Pontchartrain ne connut jamais d'éclipse; ni l'âge ni les longues séparations n'eurent de prise sur un si solide et si profond sentiment : « J'ai pour vous l'attachement le plus tendre, écrit-il vingtcinq ans après le début de leur amitié ; votre bonheur me touche autant que le mien. \ous êtes aujourd'hui la seule femme à qui mon cœur soit ouvert. \ous

madame, et est iiifiuiincnt reconnaissant de la manière dont sa demande (de greffes d'abricots-pêches) a été octroyée par madame sa mère. Il n'oubliera point le bienfait qu'il reçoit. Nous avons appris avec grand plaisir, dans notre village, la nomination de Son Eminence le cardinal de Bernis à l'archevêché d'Albi. Cependant notre joie a été troublée sur ce qu'on nous a dit que cette ville était bien loin ! Le pauvre Louis demande à madame la continuation de ses bontés. i> — Archives de la famille d'Estampes.

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