‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 106 sur 764 · C'est le n» 65 du NR. UB., t. I · texte numérisé non relu

C'est le n» 65 du NR. UB., t. I

I02 LE UKtiNE DK LOTIIAIUK II («nô-SGo).

bave de W'crilei» des t(?rres situées eu Frise, dans le ptKjus Bdlua, dans le pagiis Flethetli et dans le pngus Fehia ; la Frise et le p. Batua appartenaient certainement a Lothaire II, et il en était prohablernent de même des denx antres pagi, qni [tonrraient bien avoir été des dépendances du pagus Hamalant ; en outre, la transmission des biens de Folcker a été laite à l'abbaye dans deux localités, dont l'une est du/). Batna et l'autre du p. Flet/iefti. (]ette charte n'en est pas moins datée de la quinzième année du règne de Louis le Jeune, empereur auguste. C'est la seconde fois du reste qu'une charte de Werden donne à Louis le titre d'enq>ereur. Par contre , nous l'avons dit, Lothaire n'est jamais traité que de roi, sans qu'il soit possible d'attribuer à son second fils les chartes placées jusqu'ici sous son règne, et de les reculer de quinze ans.

Les originaux des chartes de Werden sont perdus; nous ne connaissons ces actes que par des cartulaires plus ou moins corrects, dont les auteurs ont pris, à ce qu'il nous semble, d'assez grandes libertés avec les textes qu'ils avaient à transcrire ; les formules de dates en particulier ont dû être ou tronquées, ou remaniées'. Quoi qu'il en soit, les documents qui proviennent de l'abbaye de Werden sont incapables, dans l'état où ils nous sont parvenus, de nous renseigner sur la question qui nous occupe. Leur examen ne nous a pas appris a qui appartenait \e pagus Riiricgowe.

Le pagus Hattuarionirn se trouvait dans les Etats de Lothaire, ainsi que le p. Batua et le p. Teisterbant ^ . Quant au Diibalgowe, au p. Hamalant, ou p. Fehia et au/j. Flethetti, ils ne sont pas mentionnés dans le partage de Meerssen, et aucun document antérieur ne nous permet île dire quel avait été leur sort en 843 '. Que l'acte de Meerssen passe sous silence

I. Sur les cartulaires de Werden, voir L.vcomblet, NR. UB., t. I, p. xi de rintroduction.

a. Diuisio regni Illothnrii II, 870 (CC, t. II, p. iy4)- Sur ces pagi, voir Van ukk Bergh, Handl/oek der Middel-Nederlandsche Geof/raphicypp. i(jô-2o4 ; Bckttgkr, o/j. cit., t. I, pp. .53-56, io4-ioC, t. III, pp. 3o6-3o8, et Goukarte ; Sproer-Me.nke, Hist. Handatlas, n" 32 ; Lgng.non, Atlas, pi. VIII, et Texte explicatif, pp. i2y-i3o. Nous avons relevé plus haut l'erreur de Lo.ngnon, qui rattache le p. Ruricgowe et le p. Niuanheiin au p. Haituariorum. Bœttger place ce dernier territoire sur la rive gauche du Rhin et à quelque distance de lui, tandis que Spru.\er-Menke le fait déborder à l'est du fleuve.

3. Le Felua et le Flethetti sont bien mentionnés dans la donation de Folcker à Werden, mais ce document ne nous apprend pas à cpii afjparlenaient ces deux pagi. Ils ne se rattachaient pas d'ailleurs à la Frise, non plus (pie le Batua ni le Teisterbani, (pioiipie Bœttger, op. cit., t. III, pp. 3o(> et 3i6, et (iaukarte, les y place. La charte de Folcker, après avoir énuméré des biens dans le Felua, le Fletfietti et le Batua, ajoute : « Item commentariolum de heredilate Folkeri, quod habet in Frisia : in paqo Kin/ieai, etc. » Pour le Batua et le Teisterliant, nous avons le témoiqnage des ])arta()es de 83y et 870, où les deux pagi sont mentionnés à côté de la Frise (CG., t. II, pp. 58 et iy4). On poinrail plutôt se demander si le Felua et le Flethetti ne se rattachaient pas alors au p. Uanialant. La charte de Folcker, en effet, annonce des biens situés dans le Ilanialant et le Batua, puis, quand elle en vient à l'énuméralion, elle n'en cite pas (pii appartienne au premier de ces territoires, et elle en émniière par contre cpii se trouvent dans le Felua cl le Fletlietti: cela ne semble-l-il pas iiulicpier ipie ces deux circonscriptions formaient ulorN des pagi secondaires du Hamalant 'f Sur le Dulxilginae, le Felua et le Flethetti, voir V.v.n DER Beugii, op. cit., pp. i87-i(j4 <"t 2o5-2ot), B(Ett(;er, op. cit., t. 1, pp. t>3-t>/|, t. 111. pp. 3irj-3i7, et Guukarle ; Si'ku>eii-Menke, Atlas, n"* 3i et Sa; Lo.ng.non, Atlas, |>l. Vlll, et Te.rte, \t. i3o. Nous avons relevé itréciWleunnenl l'erreur île Bikttuku, tpii fuit du Dubalgowe un pagus secondaire du /*. l{uricgou>e.

LE pagus Hamalant. io3

àen pagi comme le Dubalgowe, le Felua ou le Flethetti, il n'y a pas lieu de s'en étonner, puisque l'on ne trouve leurs noms dans aucun des partages que nous connaissons. Nous savons au contraire que le p. Hamalant est au nombre des contrées qu'en 887 Louis le Pieux céda à son plus jeune fils, qu'en 889 il fît partie du lot que choisit Lothaire '. Il semblerait donc naturel que si ce dernier prince et, après lui, son second fils avaient eu le p. Hamalant, nous le saurions par le traité de Meerssen ; il figurerait parmi les pays qui furent attribués à Louis le Germanique. Le silence gardé par ce document à l'égard du p. Hamalant donnerait à penser que l'ancienne tei-re des Chamaves avait été incorporée dès 843 au royaume des Francs Orientaux. Si ce pagus faisait partie de la Saxe, on aurait une certitude, la Saxe ayant été en entier adjugée à Louis en 843, mais il semble que le Hamalant fût plutôt une terre franque ^

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