Ann. Bert. 857, p. kl
3. Sur la conduite d'Hubert, voir la lettre déjà citée du pape Benoît III, J. E. 266g.
4. Ann. Laubac. 858, SS., t. I, p. i5 ; cf. Ann. Lob. 858, SS., t. XIII, p. 232.
5. Le 2 janvier 858, Lothaire II, sur le compte rendu à lui adressé par l'archevêque Gunther (de Cologne), son archichapelain, et par l'évêque Hunger (d'Utrecht), que les barbares (les Normands) avaient anéanti presque entièrement l'église d'Ulrecht et dispersé les chanoines, accorde à ces derniers comme lieu de refuge, l'abbaye de Berg (aujourd'hui Odilienberg), sur la Roer, dans \e pngus Masaa (B. M. 1248, Muller, Het oudste Cartularium van het Sticht Utrecht, p. 21).
I20 LE RÈGNE DE LOTHAIUE II (85r)-8rtij).
qu'elle n'eut aucun succès'. Elle fut d'ailleurs d'assez courte durée, car Lothaire était de retour à Aix-la-Chapelle le 29 avril ^.
H n'avait pourtant pas tout h fait perdu son temps, car il avait profité de son séjour en Jiourgofjne j)Our se réconcilier avec son petit frère, le roi de Provence. On doit en effet placer pendant ce voyage ou cette expédition l'entrevue des deux princes 5. L'initiative du rapprochement revient certainement à Lothaire, qui avait besoin de l'appui de son plus jeune frère, soit contre Louis 11, dont il craignait peut-être une attaque, et dont les accointances avec le roi de Germanie lui paraissaient suspectes •♦, soit plutôt contre Hubert, qui aurait [)u trouver un appui ou un refuge dans les Etat du roi de Provence. Lothaire visait encore un autre but. Charles était atteint d'épilepsie 5 et ne semblait probablement pas devoir vivre de longs jo\n\s. Prévoyant la mort prochaine de son frère, Lothaire voulut préparer la réalisation du plan qu'il n'avait pas réussi k exécuter après la mort de son père : après avoir essayé de priver Charles de la Provence, il allait se faire désigner par lui comme son unique héritier. Charles, oubliant que son frère avait voulu autrefois l'enfermer dans un monastère, lui promit sa succession pour le cas où il mourrait sans laisser d'enfant. En retour de cet avantage, qui pouvait se faire attendre et même ne jamais venir, Lothaire abandonna à son frère les territoires formant les diocèses de Belley et de Tarentaise ^. Il amoindrissait dans le présent son royaume, dans l'espoir de l'agrandir plus tard. L'opération eût été bonne pour lui, s'il avait eu la certitude que Louis II ne revendiquerait pas à la mort de Charles la part de succession à laquelle il avait droit.
Pendant son expédition de Bourgogne, ou après son retour en Francia, Lothaire avait rei,-u des ambassadeurs de Louis le Germanique, qui désirait avoir une entrevue avec lui. Il fut convenu que l'on se réunirait à Coblenz, comme l'année précédente?. Louis voulait-il tenter de ramener
1. RÉGiNON, Chronicon 866, p. 91. Gel auteur parle de trois campagnes que le roi aurait faites sans succès contre Hubert, qui trouvait uu refuye dans les régions les plus abruptes du Jura et des Al])es Pennines. — MC'hlbaciieh, Re(j. Kar., p. 479. "e croit pas que Lothaire ait à trois reprises dirigé en personne les opérations contre son beau-frèi-e ; ses généraux ont peut-être continué la petite guerre. Dummlku, t. II, p. 9, n. 3, estime que le récit de Rkginon a un caractère légendaire.
2. Le 29 avril, Lothaire donne à son médecin (le clerc) Ossard (cf. B. M. 11 17), sur l'intercession de son miitisterialis Hyroid, l'usufruit de différents domaines qui, après la mort d'Ossard, devront revenir à l'abbaye de Maroilles (B. M. i24y, Duvivikr, Recherches sur le Hainuiit ancien, p. 3o4).
3. Ann. Bert. 8.^)8, p. Ag. Pruuknck raconte l'événement avant une inondation dont Liège fut victime au mois de mai ; d'autre part, Lothaire était Av retour à Aix le 2g avril. C'est donc en mars ou au début d'avril que les deux frères se sont rencontrés. Nous ne savons où DuMMLER, t. II, ]). 8, a vu que LoUiaire et Charles s'étaient réconciliés en juillet 8Ô7.
A. C'est l'opinion de Gkrœrkr, t. I, p. 2C6. Dûmmi.er au contraire, t. II, p. 8, rattache la réconciliation de Lothaire avec Charles au désir de le rendre favorable i\ ses projets de divorce.