LOUIS LE GERMANIQUE ENVAHIT LA FRANCE
k lui son neveu? Sa démarche était-elle une conséquence de la visite que lui avaient faite en février deux envoyés de Louis II, l'évêque Noting de Brescia et le margrave de Frioul Evrard ' ? Nous ignorons les intentions du roi de Germanie, et nous ne savons pas davantage pourquoi Lothaire, manquant à sa parole, ne parut pas à Coblenz. Louis, qui était arrivé au rendez-vous avant les Rogations, repartit sans avoir vu son neveu. Celui-ci ne s'était même pas fait représenter par des plénipotentiaires ^. Décidément, Lothaire se méfiait de son oncle de Germanie, il restait fidèle à l'alliance qu'il avait conclue avec le roi de France un an auparavant. La renouvela-t-il à ce moment, comme le dit l'annaliste de Fulda3? Se lia-t-il par de nouveaux engagements ? Prudence n'en dit rien. Peutêtre le chroniqueur officiel de Louis le Germanique a-t-il reporté à 858 le traité de Saint-Quentin. S'il n'ajoutait pas que l'alliance de Charles et de Lothaire était dirigée contre le roi de Germanie, on croirait qu'il parle de celle qu'avaient conclue Lothaire et le roi de Provence.
Après avoir passé dans son royaume le printemps et une partie de l'été*, Lothaire prit en août la route de France >. Charles le Chauve avait invoqué son assistance contre les Normands qui s'étaient installés dans l'île d'Oissel, en aval de Paris, et qu'il assiégeait depuis le mois de juillet. L'arrivée de Lothaire ne produisit aucun résultat. Les efforts combinés des deux princes furent inutiles : on ne put forcer les pirates dansleurs retranchements, ni les réduire par la famine. Ils parvinrent même à s'emparer des navires des assiégeants. Ceux-ci, découragés, finirent par se retirer le 28 septembre ^. Un autre motif les obligeait d'ailleurs à prendre ce parti.
Un danger plus grave encore que les incursions normandes menaçait en effet Charles le Chauve : son frère Louis avait envahi ses Etats. En 854, Louis s'était contenté d'envoyer aux Aquitains le second de ses fils : en 85G, retenu par son expédition contre les Sorabes, peut-être aussi par
1. Ann. Fuld. 858, p. l\%. Dûmmler, t. I, p. 4i9> suppose que le roi de Germanie voulait servir de médiateur entre ses neveux.