Ëpiscoporum relitlio, G(j., I. H, p. A-V
t\. La présence de Cliarles de Provence au concile de Savonnières est attestée par les Annales liertiniani 8.'")(j, p. 52, par rinscri])tion placée en tèle îles actes du concile, CC, t. II, p. /1/17, et par un di|)l(Mne de Lothaire II pour récjlise de Lyon (B. M. laSij). (^)uelques-ims des évèques de Cliarles avaient tenu un peu auparavant à Lancjres un concile on avait été de nouveau abordée la (pieslion de la prédestination. (iM.v.>si, t. XV, coll. 537 et sniv.) C'est Iri-s probablement pendant ce concile de Lainjres tpi'ont été rendues trois cliartes de .lonas, évè([ne d'Aulun, pour les cliarioiiies île son éijlise calbéikale ou
LE CONCILE DE SAVONNlÈRES (859). ' I 29
à ce concile par huit archevêques: trois Lorrains', un Provençal ^, et quatre Français >, ainsi que par trente-quatre évèques : sept Lorrains*,
pour l'abbaye Saiat-Andoche (Gallia ckristiana, t. IV, preuves, coll. 5o-5i, 5i-54 et 55-56). Toutes trois, il est vrai, sont datées de la 18^ année de règne de Charles, ce qui correspondrait à 858, mais la première et la troisième, qui concernent les chanoines de la cathédrale, portent VU" indiction, qui coïncide avec 839. En outre, comme ces documents ont été accordés « in territorio Lingonensi in monasterio sanctorum Geminorum », que de plus ils portent les souscriptions de plusieurs prélats bourguignons et provençaux, et justement de ceux que l'on retrouve au concile de Savonnières, on ne peut douter qu'ils soient de 859. Les deux premiers sont datés du i3 des calendes de juin (20 mai), le troisième du i3 des calendes de mai, évidemment par suite d'une erreur ; le scribe aura écrit le npm du mois en cours au lieu de celui du mois suivant.
1. Les archevêques lorrains étaient Gunther de Cologne, Theutgaud de Trêves et Arduic de Besançon. Nous nous occuperons ailleurs des deux premiers. Du troisième nous ne 'savons rien pour la période antérieure à 859. Il n'a joué qu'un rôle assez effacé sous le règne de Lothaire II, et a été fort peu mêlé à l'affaire du divorce. Sur les prélats qui assistèrent au concile de Savonnières, voir la liste placée à la suite des actes, CC, t. II, p. 45o.
2. C'est Rémi, archevè(]ue de Lyon depuis 802. Il avait joui d'une certaine influence auprès de Lothaire I"'', comme le prouvent de nombreux diplômes rendus pour l'église de Lyon elle-même, ou pour des évêc!iés et abbayes qui en dépendaient (B. M. 1122, ii23, 1124, 1127, ii35; cf. les actes faux B. M. 11 18, 11 19, 1121). Archichapelain du jeune Charles de Provence (B. M. 1295), il était avec le C3mle Gérard le plus puissant personnage du royaume que gouvernait ce prince, ainsi qu'en témoignent les diplômes qu'il a obtenus pour son église et ceux où il figure comme intercesseur (B. M. 1293, 1290, 1296, 1298, 1299).
3. Hincmar de Reims, Wénilon de Rouen, Hérard de Tours et Rodolphe de Bourges.
4. Le premier qui se présente sur la liste des évèques présents au concile (CC, t. II, p. 45o) est Hunger d'Utrecht. Hunger avait succédé, on ne sait en quelle année, à Liudger, dont l'épiscopat fut de courte durée. D'ailleurs, à cette épo([ue, les évêcjues d'Utrecht ne font que passer. Après Albric (jui est encore en fonction le 23 mars 838 (charte du comte Roger dans Sloet, Oorkondenboek der Graafschappen Gelre en Zutfen, 1. 1, p. 36, n» 33), nous trouvons Hegihard qui, le 21 mars 845 (846 d'après Muller, Het oudste Cartularium van het Stlcht Utrecht, p. 22, n" i3), obtint de Lothaire !<"■ un diplôme confirmant l'immunité à l'église d'Utrecht (B. M. io85). Quelques années plus tard, Liudger a remplacé Hegihard (charte de Balderic du 12 août 85o, si l'on se rapporte à l'année de l'Incarnation ; mais la 8'" indictioil correspond à 845 et la g^ année du règne de Lothaire I"' à 848). Enfin, le 18 mai 854 c'est Hunger que nous trouvons, en possession du siège d'Utrecht : il obtient, à cette date, de Louis le Germanique un diplôme d'immunité pour les biens que possédait son église dans le royaume de ce prince (B. M. 1367). Nous avons vu plus haut le diplôme qu'avait accordé Lothaire II aux chanoines d'Utrecht, chassés de cette ville par les Normands, et en faveur .desquels Gunther et Hunger avaient intercédé (B. M. 1248). Alors qu'HEDA, Historia episcoporam Trajectensiam, p. 232, avait rétabli Hegihard et Liudger sur la liste des évèques d'Utrecht, en s'appuyant sur Ip diplôme de Lothaire 1er de 845 et sur la charte de Balderic, l'auteur du Batavia Sacra les rejette l'un et l'autre (pp. log-iii). D'après lui, Hegihard serait Einhard l'historien de Charlemagne, qui aurait été chargé d'administrer par intérim le diocèse à la place d'un évêque mort ou expulsé. Quant à Liudger, il a, été évèque non de Munster, mais d'Utrecht, comme nous l'apprend sa vie écrite par Altfrid. Les raisonnements de l'auteur du Batavia Sacra ne peuvent prévaloir ni contre le diplôme de Lothaire, ni contre la charte de Balderic. Il est vraisemblable qu'Hunger n'est autre que le prêtre de ce nom qui a rédigé et signé la charte du' comte Roger. — Après l'évêque d'Utrecht vient sur la liste des évèques du concile de Savonnières, celui de Bàle, Fredebert, qui assista au concile tenu à Tusey en 860 (Mansi, t. XV, col. 56o) et sur lequel nous ne possédons aucun renseignement. C'est à peine, du reste, si l'on connaît les noms des prélats qui ont occupé le •siège de Bàle pendant la seconde moitié du ixo siècle. Voir sur cette question Fiala, Nomina canonicuruni Biisilensium aus dern Verbriiderançjsbache der Abtei Reichenau, dans VAnseiffer fdr schiveiserische Geschichte, Neue Folge , t. IV, pp. io4 et suiv.). -— Arnoul, évêque de Toul, a du être consacré en 846 ou en 847. Les Gesta epp. TalL, ch. 27 {SS., t. VIII, p. 638), disent simplement de ce prélat qu'il occupa pendant 25 ans le siège de Toul, et qu'il mourut le 17 du mois de novembre (le Liber vitœ de Remircmont, N. A., t. XIX, p. 70, fait mourir Arnoul le 16 novembre). Pour ce qui est de Fro-
KOYAUME DE LORRAI.NE. cl
iSo LE RÈGNE DE LOTHAIRE II (855-869).
quatre Provençaux' et vingt-trois Français*; enfin trois abbés, dont deux
lliaire, prédécesseur d'Arnoul, les Gesta nous donnent, outre la durée de son pontifical, 35 ans, et le jour de sa uiort, 3i mai, le jour de sa consécration, au uiars. Pkistkh avait cru pouvoir fixer eu 81/jla consécration de Frolliaire, dans son mémoire sur Z,V<>eyue Frotftdirf (Ann. fie l'Kst, t. IV, p. 2G4), uu»is Kahl Hampk, Zur Dtilirung (1er liriefe des Bischofs Frotlinr von Toiil (.V. A., t. XXI, pp. 749-750), nous |iarait avoir démontré (|ue cet évéuemeiit se place au plus tard en 81,'$. (Remanpions (pic de 80G à 817 le aa mars n'est pas une seule l'ois lomlié un dinumclie.) Les (jCsIh n'indiipient de même pour Arnaud, neveu et successeur d'Arnoul, (pie la durée de son é|)iscopat, a3 ans, ainsi (pie le . jour de son décès, 5 décembre. Seulement, nous démontrerons jilus loin, et d'une i»(^on jiéremploire, à ce (pi'il nous semble, (pi' Arnaud est mort en 8(j3. D'autre part, la aS" année de sou pontificat n'était pas révolue «piand le prélat (piitta ce inonde, elle était simplement en cours. Cette obserA'ation est (jénérale et s'appli(pie à tous les cliifTres (]u'assignent les Gestn à la durée du pontificat des évèques de Toul. Si Arnaud est mort le 5 décembre 893 dans la aS" année de son épiscopat, sa consécration est antérieure au 5 décembre 871. Comme son prédécesseur, .\rnoul est mort le 16 (17) novembre, et (pi'entre celte date et le 5 décembre de la même année, il n'y a pas un intervalle suffisant pour que les formalités •relatives à la nomination et à la consécration d'un évêqtie aient pu avoir lieu, ce n'est pas en 871, mais plus vraisemblablement en 870 qu'Arnoul a rendu son àme à Dieu; Arnaud lui aura succédé dans les premiers mois de 871. L'épiscopal d'Arnoul, ayant duré de 34 à an ans, a dû commencer avant le 16 (17) novembre 846. D'autre part, Frolhaire est mort ou le 22 mai (Gesta epp. TulL, ch. 26, i'A'., t. VIII, p. 637) ou le 3i mai (^Liber uitie de Remiremonf, X. A , t. XIX, p. 70). Du aa (3i) mai 846 au 16 (17) novembre de la même année, il s'est écoulé plus de temps qu'il n'en fallait pour qu'Arnoul fût élu et consacré évè(iue. On peut donc accepter 846 tant pour la mort de Frolhaire que pour l'élévation d'Arnoul sur le siège de Toul. Mais si Frolhaire est mort le 22 (3i) mai .846, il a dû être consacré le aa mars 812. Tout ceci naturellement est hypothétique; nous avons en effet admis comme exacts, bien qu'étant arrondis, les chiffres que les Gesta indi(juent pour la durée de l'épiscopal des évèques de Toul, mais il pourrait se faire que (juchpiesuns d'entre eux fussent erronés. Pour en revenir à Arnoul, les Gesta nous apprennent ([u'il était originaire du pagus d'Orléans. — Nous avons déjà parlé d'Advence et nous allons dans un instant nous occuper d'Hatton, évèque de Verdun. — Frajicon de Liège avait succédé, on ne sait en quelle année, à Hartgaire ou Hyrcaire, dont on ne connaît exactement ni l'année de la consécration, ni l'année de la mort. Hartgaire, qui fut dix ans abbé de Stavelot (Séries abbatutn Stabulensiiim, SS., t. XIII, p. agS), serait monté sur le siège de Liège en 84o d'après Gilles d'Orval, Gesta epp. Leod., liv. II, ch. 35 et 36, en 842 d'après les Annales Lob. (SS., t. XXV, p. 49, t- XIII, p. aSa) et les Annales Leod. (SS., t. IV, p. i4). Les Annales Lob. placent respectivement en 802 et 854 la mort de Hartgaire et l'élection de Francon. Gilles u'Orval, liv. II, ch. 36, donne à Hartgaire i5 ans d'épiscopat et place sa mort le 3o juillet sous le règne de l'empereur Lothaire, ce qui ferait 855 ; Francon n'aurait eu l'évèché qu'en 856 (ibid., ch. 37). Un document vient à l'appui de Gilles d'Orval en ce qui concerne Hartgaire ; c'est la Restitutio Kbbonis Remensis archiepiscopi (CC, t. II, p. iii). Hartgaire assista au concile tenu en août 84o à hujelheim, où la restauration d'Ebbon fut décidée (ihid.,Y>. 112); à celte date, il était évèque et évèque consacré, car on ne le (]ualirie pas, comme Ralold de Strasbourg, de vocatiis episcopus. D'après Gilles d'Orval, Francon venait de l'abbaye de Lobbes. Chapeaville, Hisforia in qua reperiuntur gesta episcopuruin Tun-
grensium, t. I, p. i55-i56, a suivi Gilles d'Orval et adopté 84o pour l'élection de Hartgaire, 855 pour sa mort et 856 pour rélcvation de Francon. — L'évèque de Strasbourg, Ratold, n'est pas mentionné dans la liste, où nous avons puisé jusqu'alors, mais son nom se trouve avec ceux des autres évèques lorrains en tète de la lettre écrite par les prélats du concile de Savonnières à Wéuilon de Sens (R. H. Fr., t. VII, p. 58a). Comme nous venons de le dire, il assistait au concile d'Ingelheim, août 84o, n'étant qu'évè(pie élu, vocatas episcopus, non encore consacré ((^C, t. H, p. 112). Le 3o mars 856, il obtient de Louis le Germanique un privilège d'immunité dont nous avons parlé plus haut (B. M. i375).
I. Teuramue de Tarentaise, (pialillé seulement d'évô(pie, alors qu'à Ingelheiin en août 84» sou prédécesseur Audax prenait le litr(! d'archevè([ue ; Ebboii de Grenoble, Ralberl de Vahîiice t:l Ahboii d(; IVIaiirienne.
a. Citons senlemcnl Isaa(; dr Langres, à (pii Lothaire accorda le 17 juin, sur la prièr«> de Charl(-s le Chauve cl du prélat lui-mèiue, la reslitutioii d'une l'illa dans le pagus de Genève (H. M. 12.54, H. II. Fr., t. VIII, p. 4<'7).
LE CONCILE DE SAVONNIÈRES (S^nj). l3l
au moins étaient Français, complétaient l'assistance'. C'est en juin, vers le milieu du mois, dans la villa de Savonnières, à l'ouest de Toul, que se tinrent les séances du concile^. Charles le Chauve était, croyons-nous, logé à Tusey, et Lothaire à Gondreville5.
Les évêques exprimèrent tout d'abord des vœux en faveur du rétablissement de la paix entre Louis et Charles, en faveur aussi du maintien de la concorde qui unissait Charles le Chauve et ses deux neveux, Lothaire et Charles. Puis, ils invitèrent leurs collègues et s'exhortèrent entre eux à s'acquitter avec ponctualité de leurs nombreux devoirs*. Ils s'occupèrent ensuite de différentes questions qui se rattachaient à l'invasion du roi de Germanie, celles des diacres Tortold et Anschaire?, celle beaucoup plus importante de Wénilon, cet archevêque de Sens, qui seul dans l'épiscopat français avait pris parti pour Louis le Germanique^. Nous possédons le réquisitoire que Charles le Chauve lut, ou fît lire devant le concile contre le prélat qui l'avait abandonné 7. Il devait d'ailleurs pardonner dans la suite au coupable*.
Le concile examina en outre beaucoup d'autres affaires, dont nous ne dirons rien, n'en retenant qu'une s?ule, parce qu'elle a trait à l'évéque de Verdun, Hatton9. On l'accusait d'avoir, sans autorisation, quitté, pour parvenir à l'épiscopat, l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre, où il avait été élevé comme oblat. Si l'on songe qu'Hatton avait été consacré en 847, que depuis douze ans il occupait le siège de Verdun, on peut à bon droit s'étonner qu'une réclamation ait pu se produire aussi tardivement. L'af-
1. Loup de Ferrières, Frodoin de Saint-Lomer ; Evrard est inconnu.
2. Ann. Bert. 809, p. 52 ; inscription du Libellas procl. arlu. Wen.ÇCC, t. II, p. 45o) ; ce mémoire fut lu le i4 juin, mais le concile pouvait être ouvert depuis quelques jours déjà. Savonnières est aujourd'hui une ferme de la commune de Foug (Meurthe-et-Moselle, Toul-nord). Voir sur elle une notice de Beaulieu dans les Mémoires de la Société royale de Nancy pour l'année i838, p. 291.
3. C'est ce qui ressort des diplômes de Charles des i4 et 17 juin dont nous parlerons plus loin et du diplôme déjà cité de Lothaire II pour Langres du 17 juin (B. M. i254).
4- Synodus apud Saponarias habita, ch. i-3, CC, t. II. p. 447-