Voir ces instructions dans CC, t. II, pp
liS LK KKGNK DK LOTHAIRIC II (Sj.'.-Sfxj).
père avait suivie ^ Gompiègno, le i*' octobre 833 ; mais elle n'en devait pas moins sembler très pénible à l'orgueil d'un souverain puissant : on lui demandait, en eflet, de confesser, et cela d'une façon publique, qu'il avait j)èché, en essayant d'usurper le royaume de son frère. Gonsentiralt-il h s'lnni()cr la honte d'un tel désaveu?
Les délégués, trois archevêques, (îunther de Cologne, Ilincmar de Reims et Wénllon de Rouen, et six évèques, dont un seul, Advence, était Lorrain', partirent pour Worms, où se trouvait Louis le Germanique-. Comme on pouvait le prévoir, l'entrevue du roi et des mandataires du concile, qui eut lieu le 4 juin, n'aboutit à aucun résultat. Louis pria les év(M[ues de lui pardonner le mal qu'il avait pu leur faire : Hincmar répondit ([u'il oubliait toutes les oflenscs persoimelles ; puis ses collègues firent des déclarations analogues. Mais ([uand on aborda la question capitale, quand on invita le roi k dire ([u'il se repentait d'avoir envahi la France, et à promettre de ne plus recommencer, Louis se déroba. Il n'avait agi, prétendait-il, que sur le conseil de ses évèques ; il avait besoin de les consulter avant de faire une réponse. On ne put obtenir de lui qu'il examinât et discutât les articles du mémoire qu'avalent apporté les ambassadeurs. Ceux-ci durent reprendre le chemin de la Lorraine. C'était un échec, et pour le concile, et pour les deux rois qui l'avaient inspiré'.
Charles et Lothaire, sans se décourager, sans abandonner les négociations avec le roi de Germanie, résolurent de réunir un autre concile, auquel devaient assister de nombreux évèques et abbés. Les questions les plus diverses devaient être soumises à ce synode, relatives soit au rétablissement de la paix, soit à la conduite de certains grands qui avaient abandonné Charles le Chauve pour se rallier à Louis, soit enfin à la discipline de l'Église. Pour que le concile eût une autorité plus grande, il ne devait pas seulement compter des évèques fran(,\als et lorrains : le haut clergé du rovaume de Provence y avait été convoqué et y fut représenté par quelques-uns de ses membres. En outre, Charles et Lothaire avaient décidé le petit frère^de ce dernier à venir se joindre à eux pour présider le concile.
Douze provinces ecclésiastiques de l'ancienne Gaule étalent représentées
1. Les noms des plénipotentiaires sont donnés dans l'adresse qui précède les instructions, ce, t. II, p. A^ta. Krausk, l'éditeur de ce volume des (lapit.daires, identide à tort (p. l\l\-2, n. 3) Wéiiilon avec rarclievèque de Sens, qui s'était rallié à Louis en 858, et ([ui allait être juqé au concile de Savonnières. C'est évidemment Wénilon de Rouen qui est envoyé avec Hincmar et Guntlier à Louis le Germanique.
2. Louis s'était rendu à Worms une première fois, après avoir quitté la France {Ann. Fuld. 85i), p. .ï3), puis il alla à Francfort, où il passa une partie des mois d'avril et de mai (M. M. i;5(j<)-i3ij8). Il retourna ensuite à Worms, probablement poiu" recevoir les délégués du concile de Metz.