ce, t. II, p. 45o
3. Voir WiLMAxs, KU. W., t. I, pp. 524-526, et Dum.mler, t. II, p. 268, n. 3. Nous avons njus-mèuie traité précédemment cette (piestion et montré quelles difticultés présentait l'hypothèse de Wilmans. Ajoutons qu'elle est inconciliable avec l'assertion des actes du concile de Savonnières, qui font de Halton un moine fugitif de Saint-Germain d'Auxerre.
4- Il fit restituer à son église par Lotliaire II les biens dont l'avait dépouillée le père du jeune roi j)our punir Ilildin de son allacliement à la cause de Louis le Pieux {Gesta epp. VirrL, ch. 17-18, SS., t. IV, p. 44)- Lothaire II lui donna l'abbaye d'Echternach en 850; il la conserva jusqu'en 8O4 (Catdlcxji iibbtitain Epternacensiam, S S., t. VIII, pp. 738 et 74i, et t. XXIII, pp. 3i et 33). Deux chartes de cette abbaye, de 8G1-8G2 et de 862-8O3, nientionnent Halton en sa double (lualilé d'évèque et d'abbé {MR. UB., t. II, i\°^ 25 et 2O). Halton fut très mêlé à l'affaire du divorce, et la lettre (juc lui écrivit Advcnce au début de 805 (voir ci-dessous) prouve (pi'il jouissait d'une réelle inUuence sur l'esprit dit jeune roi.
5. Ann. Bert. 85^, p. 02 ; Ann. Fuld. 85(j, p. 53. D'après les Annales Bertuùnnl, Charles se serait rendu à reulrcvue aussitôt après le concile de Savonnières. Les diplômes de ce prince ne semblent pas au premier abord confirmer le témoignage de I'iiudkxc.e. Le i4 juin, le jour même oii il lisait son mémoire contre Wéiiilon à Savonnières, sa présence est signalée à Tusey par deux actes en faveur, l'un de l'église Saint-Nazairc d'Autun, l'autre de l'abbaye Saint-.\ndochc de la même ville (B. 1O7O, 1677) ; un privilège pour l'abbaye de Beaulieu nous le montre encore à Tusey le 17 du même mois (B. 1O78). Mais le 20 juin Charles se serait trouvé à Altigny, si l'on en croyait une donation î\ Iseuibert datée de la VII» indiction et de la 200 année de son règne (B. i07y-i08o ; Biehmeii et Bouquet, /?. //. Fr., t. VIII, p. 556, ont compté k tort deux diplômes pour Iseuibort, et pris pour un second act(^ une copie iuteriiolée du privilège authentique, comme l'a nioulré A. MoLiNiER, Histoire de Lunijuedoc, a" éd., t. Il, preuves, coll. 3o8, ii» i5i, et noies, n° CXIX, g m, p. 56o). Deux autres diplômes du 3o juin avec les mêmes chiffres pour l'indiction et l'année du règne sont encore datés d'Atligiiy ; l'un est pour Uomesend (B. 1O81, Moi.iNiKU, op. cit., t. II, col. 3x1, n» i5a, noie, juge cet acte ou faux ou forteleinent interiiolé), l'auln- pour Auréol (Moh.mer, op. cit., l. H, col. 3i3, u" i53 ; ni Bouquet ni Bieiimer n'ont connu ce document). Louis le Pieux étant mort le ao juin 84o (voir les textes dans .Muni, hacher, Beij. Kiir., p. 34o), le ao juin 85() C.iiarles le Chauve entrait dans la vingtii-me année de son ri'gne, et, à supposer qu'il ne prit i|ue le ai pour point de (li'riiarl, le 3() juin H'n\ il se Irouvait cerlaineuierit dans sa \ inglienie année de ri'gne ; (]iiaiil à la VII' indicliiii, clic c irrcspond à S.'i j. M.ii-., d'autre pari, coiiunenl lihurlck
LOT-ÉAIHE RÉCONCILIÉ AVEC LOUIS II (SBfj). 133
ait assisté, on ne peut guère mettre en doute sa présence à Andèrnach. Les rois se méfiaient les uns des autres, comme le prouvent les précautions dont ils s'entouraient : ainsi ils avaient arrêté le chiffre des conseillers qui les devaient accompagner aux conférences, et ce chiffre était le même pour chacun d'eux ; de plus, ces conseillei-s étaient désignés non par leur propre souverain, mais par le roi ennemi. Une question surtout provoqua de vifs débats. Quelques-uns des grands de Charles lé Chauve, après avoir appelé ou accueilli Louis le Germanique,, avaient suivi ce prince dans son royaume : Louis voulait que son frère restituât aux rebelles leurs biens, tandis que Charles s'y refusait. Après de longs pourparlers, on dut se séparer sans avoir abouti, mais en se promettant de se retrouver k Bâle le 26 octobre'.
Nous ne savons si Nicolas I" et Louis II avaient protesté contre la tentative de Louis le Germanique de dépouiller son frère. Toujours est-il que ce prince envoya, pour justifier sa conduite, une ambassade au pape et a l'empereur. Thiolo, qui en était le chef, devait faire son possible pour être de retour en Allemagne avant le congrès de Bàle-, Il ne revint qu'après le 26 octobre, et rencontra son maître sur les bords du lac de Constance. Louis arrivait de Bâle, où il avait attendu Charles le Chauve et Lothaire. Charles avait bien pris la route de Bâle, mais en apprenant que son neveu manquerait au rendez-vous, il avait rebroussé chemin'.
Les Annales ne nous apprennent pas le motif de l'absence de Lothaire, mais il est vraisemblable que ce prince était alors auprès de son frère aîné. Quoique Prudence ne fixe pas la date de la cession de territoire consentie par le jeune roi en faveur de Louis, on doit admettre, comme il en parle après un événement qui se passa le 21 septembre, qu'elle eut lieu en octobre, à l'époque du congrès de Bâle. Prudence ne dit pas non plus,. en mentionnant la donation faite par Lothaire k Louis II, que les deux frères se soient rencontrés, et c'est par les actes du premier synode d'Aix-la-Chapelle (janvier 860) que nous connaissons la visite de Lothaire k l'empereur 4; l'époque de ce voyage ne nous est pas indiquée-.
pouvait-il se trouver à Attiffiiy les 20 et 3o juin de cette année, s'il est allé directement de Savonnieres ou de Tusey à Andèrnach '? Attirjny n'est pas sur le chemin qui mené des deux premières localités à la troisième. Doit-on rejeter ces diplômes en 860 et supposer que la chancellerie royale s'est trompée à la fois dans le chifl're de l'indiction et dans celui des années de rèrjne ? Ou bien les dales de temps et de lieu ne concorderaient-elles pas entre elles, l'une se rapportant à l'action, l'autre à la documentation ? Ni Bouquet, ni Bœhmek, ni A. IMolinier n'ont vu les difficultés à résoudre que présentaient les dates de ces diplômes. C'est au savant éditeur des diplômes de Charles le Chauve qu'il appartiendra de prononcer sur cette question. Nous n'avons, d'autre part, aucun acte ni de Louis le Germanique, ni de Lothaire II, ([ui appartienne à cette période de 869 ; nous ne pouvons donc pas fixer avec certitude la date de la conférence d'Andernach. Si Charles se trouvait à Attigny les 20 et 3o juin, celle-ci n'a eu lieu qu'en juillet; sinon, elle s'est vraisemblablement tenue à la fin de juin.