Ann. Bert. 860, p
7. Ann. Bert. 860, p. .^)4 ; Ann. Fuld. 8fio, p. 54 ; Hludoioici Kuruli et Iflotharii II çnnuenttis iiptid Conjïuentes^ CC, t. H, pp. i53 et suiv. C'est à ce congrès de Coblenz que se rapporte probalilement le passage suivant des Ann. Xtint., 8()i : « Eo anno liiemps iongissima et snpradicti regcs itcrum si^cretum collocpiiuin in su|)radicla insula liabuerunt pênes Conlluentium vaslantes omnia (juae in circoilu erant. » (SS., t. II, p. a3o.) .Mùhl- UACiiER, Reff. K(iv., 1». 481, croit (pi'il s'agit de l'année 85i( et de la conférence d'Andernach, mais c'est une erreur. Connue l'a justement fait observer Dï'mmi.kh, t. 1, p. 453, n. 4, l'hiver rigoureux, dont parlent les Ann. Xnntenses et ([u'elles placent avant l'enti-evue, est celui (le 85(j-80o, les Annales Bertiniani et Fuldenses en font foi. La réuiùon des trois souverains, qui est. venue après, ne peut donc être que c*'llc de (ioblenz et uau celle «l'Andeniach, (pii a inv'-cédé le gros hiver. . -
LA PAIX EST CONCLUE A COBLENZ (860). iSy
de Lothaire on voit l'archevêque de Cologne Gunther, les évêques Advence de Metz, Hatton de Verdun et Francon de Liège', son oncle maternel Liutfrid, les comtes (Boson) Christian, Garnier, Giselbert, Hugues, Liuthard, Matfrid, Ricuin, Sigard, Sigeric ^ ; avec Louis le Germanique, lés évêques Altfrid d'Hildesheim, Salomon- de Constance, Thierry de Minden, Liutbert de Munster, Gebhard de Spire, Witger abbé d'Ottenbeuren, et les comtes Ernest, Bérenger et Ludolf ' ; avec Charles le Chauve, Hincmar, archevêque de Reims, Chrétien, évêque d'Auxerre, Vulfade, abbé de Rebais, ses oncles maternels Conrad et Rodolphe, son cousin germain Conrad et le comte Honfroy*. L'oncle
1. Theutgaiid n'assistait pas au congrès' de Coblenz. Pour expliquer son absence, Brower et Maseiv ont prétendu qu'il était alors entre les mains de brigands (jui l'avaient capturé et qui ne le relâchèrent ([u'après lui avoir fait contracter un engagement dont le releva le pape Nicolas (Annales Trevirenses, t. I, p. 417. col. 2). La bulle attribuée au pape par les deux auteurs est certainement fausse (Gœrz, MR. R., t. I, p. 179, n» 63i), et l'histoire des brigands de même. Calmet, t. I, col. 701, croit que Theutgaud et Gunther (Calmet oublie que ce dernier était à Coblenz) étaient peut-être partis pour Rome. L'énumération des évêques et des grands qui prirent part au congrès vient après Y Adnunfiatio Karoli et le SncramentLim firniitiitis Hluoowici, C4C., t. II, p. i54. Eckhart, Commentarii de rébus Franciie Orientalis, (. II, pp. li'jQ-li'j-], a identifié la plupart des personnages mentionnés dans cette liste.
2. Nous avons parlé précédemment de Liutfrid, frère d'Ermengarde, de Giselbert, le gendre de Lothaire I'''', et de Matfrid, fils du comte d'Orléans. Boson serait, d'après Eckhart, le fils de Bivin, le futur roi de Provence ; mais on pourrait tout aussi bien penser à son oncle, le mari d'Engeltrude, qui vint à Coblenz réclamer sa femme (Hincmar, De divortio Hlotharii, quœstio V", Migxe, t. CXXV, col. 764), et qui, de plus, pouvait, ainsi qu'Evrard, représenter l'empereur au congrès. — Un comte Christian alla, en 866, à Rome, comme envoyé de Lothaire II (J. E. 2871). — On connaît plusieurs personnages, du nom de Garnier (Werner), dont les uns sont Lorrains, tels que celui que Lothaire II, dans un diplôme pour Hornbach, qualifie de « senior » de l'abbé Richard (B. M. 1272), ou que le comte de Cologne (Ann. Colon, breuissinii 84g, SS., t. I, p. 97), ou enfin qu'un autre comte, neveu d'Hériric, que Louis le Germanique condamna à restituer différents domaines à l'abbaye de Priim (B. M. i436). Ce dernier pourrait être Allemand; quant au margrave de Pannonie, il l'est certainement {Ann. Bert. 866, p. 84 ; Ann. Fuld. 865-866, pp. 63-64). — Hugues doit être le fils de Liutfrid, oncle maternel de Lothaire II. — Vers la fin de 861, un comte Leutard fut, avec l'évèque Advence, envoyé par Lothaire II à Charles le Chauve (Ann. Sert. 861, p. 56). — Un Ricuin, joint à Ermenald et à Frédéric, jure, au nom de Lothaire I<"^, une trêve avec Louis le Germanique et Charles le Chauve (Nithard, liv. II, ch. 10, p. 27) ; un comte Ricuin donne Colmar à l'abbayé de Munster pour le repos de l'âme de son neveu Adelric en 8*i4-865 (Schœpflix, Als. dipl., t. I, supplem., p. 474); "i diplôme de Lothaire II pour-Echternach mentionne un comte de ce nom qui possédait des A'ignes à Crœv (B. M. i285). Mais il y avait en France un comte Ricuin, fait prisonnier en 844 à la bataille que gagna Pépin II sur l'armée de Charles le Chauve (Ann. Bert. "Atili, p. 3i), envoyé en 853 comme missiis dans les paffi de Reims, de Voncq, etc., et en 856 comme négociateur aux grands révoltés (OC, t. II, pp. 275, 279, 283, 284). Voir sur ce personnage Bourgeois, Le Capitulaire de Kiersif, p. 244- — U" comte Sigard fait, le 4 novembre 844. un échange avec Marcward, abbé de Prum (MR. UB., t. J, n" 58 ; placé par erreur à 826). — Un comte Sigeric fait, en 866, ^vec un autre comte, Irenfrid, la remise à Priiin des biens de Hidilde (MR. UB., t. I', n» io5). , : . ...
3 et 4- Voir Eokhart, op. cit., et les notes de Krause, CC, t. II, p. i54. Conrad, l'oncle maternel de Charles le Chauve, se trouvait-il encore au service du 1-oi dé France, ou l'avait-il déjà abandonné pour aller vivre auprès de Lothaire H, dont il avait lépousé une tante maternelle? En 862, à l'entrevue de Savonnières , il est cité par Hincmar comme l'un des principaux conseillers de Lothaire, mais depuis quand s'était-'il i-ètirë''éh Lorraine? ... .■■■' .';-'.■ A. .;..■.;■. ..'\
l38 LE HKGNE DE LOTHAIRE II (8ô5-8(i9).
d'Ermentrude, femme de Charles le Chauve, Adalard, assistait aussi k l'entrevue de Goblenz, mais il devait figurer dans la suite de Lothaire, en raison des grands monastères appartenant au royaume de ce prince dont il était l'abbé séculier". Ni Louis II, ni son frère Charles, nommés pouilant dans le traité, n'étaient venus h ('oblenz ; s'étaient-ils au moins fait roprésenter ? Dans l'énumération des comtes, celui qui occupe le second rang s'appelle Evrard. Ne serait-ce pas le margrave de Frioul, gendre de Louis le Pieux, qui était un des sujets de l'empereur*? Quant au mandataire de Charles de Provence, il faudrait peut-être le chercher parmi les personnages que l'on n'a pu identifier jusqu'à présent?.
C'est le i*"" juin que Lothaire et ses deux oncles se trouvèrent rassemblés à Coblenz-*. Les négociations furent entamées le jour même ou le lendemain pour résoudre les questions encore pendantes. Enfin, le 5, toutes les difficultés étaient aplanies, il ne restait plus qu'à rédiger le texte du traité, des serments et des adnuntiationes . Ce soin fut confié à une commission formée des archevêques, évêques, abbés et comtes des trois souverains, commission qui siégea dans la sacristie de l'église Saint-Castor de Coblenz. Le lendemain, 6 juin, le travail était terminé et l'on put de la sorte fixer au jour suivant la cérémonie solennelle qui devait marquer la restauration de la paix et de la concorde entre les descendants de Charlemagne.
Elle eut lieu à Saint-Castor et s'ouvrit par une allocution de Charles le Chauve qui rappela l'expédition que son frère, cédant à des conseils perfides, avait entreprise contre son royaume, le rôle de médiateur qu'avait joué Lothaire, le refus qu'il avait dû opposer aux premières propositions de son neveu, qui en avait ensuite fait d'autres plus acceptables ; Charles invitait les assistants à ratifier les clauses dont on allait donner lecture, et à en assurer l'exécution. La séance proprement dite se composait de trois actes, à savoir : serments des trois rois, lecture du capitulaire où se trouvaient consignés leurs engagements, enfin, procla-
1. Nous parlerons avec quelques détails de ce personnage dans l'un des chapitres les plus prochains.
2. L'hypothèse est d'autant plus vraisemblable que cet Evrard vient le second sur la liste des seiqneurs laïcs, immédiatement après Conrad , oncle maternel de Charles le Chauve, beau-frère de Louis le Gerniani(iue, qui avait épousé une de ses sœurs, et mari d'une tante maternelle de Lothaire IL Evrard tenait d'aussi près à la famille de Charltv magne, ayant épousé Gisèle, sœur utérine de Charles le Chauve. Nous avons dit ipic le Boson mentionné sur la liste des grands pourrait bien être le mari d'Engeltrude, comte en Italie. Louis II aurait eu ainsi deux représentants à Coblenz.
3. Parmi les grands qui assistent au congrès, on trouve un Arnoul et un Wigeric : il y avait dans le royaume de Charles, fils de Lothaire I", deux comtes de ce nom, que nous fait comiaitre une charte non datée, mais de celte éi)0(iue, dressée à la suite d'un jugement |)rononcé à Sermorens et j)ar lequel un comte Wigeric était condauïné à restituer à Agilmar, archevècjue de Vienne, dilTérenls domaines (pi'il a\ ait usurjtés ; parmi les grands qui siégeaient à ce plaid, on trouve un comte .Vrnoul (u'.Vciihky, Sf>irilf(/iui)i, a» éd., t. II, |(. 3/j.1). Ce sont |>eul-èlre ces deux personnages, la partie advt rse irAgilmar et l'un des juges du |)roccs, (pii figurent au congrès de Coblenz connue plénipotentiaires lie leur maître.