‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 134 sur 764 · Afin, JJrrt. 8f)o, p · texte numérisé non relu

Afin, JJrrt. 8f)o, p

. LE CONGRÈS DE COBLENZ (860). iSq

mations au peuple de Louis, de Charles et de Lothaire. Le premier, Louis le Germanique fit le serment de ne causer aucun préjudice ni à son frère, ni à ses neveux, Louis, Lothaire et Charles, mais de les aider au contraire dans la mesure de ses forces. Charles et Lothaire répétèrent mutatis mutandis le même serment.

On lut ensuite les articles du capitulaire, qui renfermait le détail des engagements que les princes prenaient vis-à-vis les uns des autres, ou à l'égard tant de l'Eglise que de leurs propres sujets. Sur douze ai^ticles, huit, les cinq premiers et les trois derniers, ne font que répéter ceux du deuxième capitulaire de Meerssen. Oubli des injures, assistance mutuelle, extradition des malfaiteurs, etc., telles sont les promesses toujours renouvelées et toujours violées que se font une fois de plus les princes carolingiens ^ La partie originale du capitulaire de Coblenz comprend une indication aux évèques de la marche qu'ils doivent suivre à l'égard des malfaiteurs : les exhorter d'abord à la pénitence ; s'ils s'y refusent, les faire arrêter par l'autorité séculière, et, si l'on ne peut les saisir, les excommunier^. Les rois ordonnent en outre l'exécution des capitulaires, émanant d'eux-mêmes ou de leurs ancêtres, qui édictent des peines contre le vol, le rapt, la rébellion, et ils prescrivent en général l'obéissance à tous les capitulaires 3. Mais l'article qui paraît le plus nettement inspiré par les événements de l'année 858 est le septième : il promet aux fauteurs de troubles le pardon d'abord, s'ils le demandent et si, de plus, ils s'engagent à être désormais fidèles, puis la restitution de leur patrimoine et, sous certaines conditions, celle des honneurs, c'est-à-dire des charges et des bénéfices dont ils avaient été revêtus autrefois +.

Après la lecture de ces articles vinrent les adnuntiationes , à commencer par celle de Louis le Germanique qui la prononça en allemand. A la suite d'une allusion discrète aux événements de 858, qui avaient rendu nécessaire la présente réunion?, Louis parlait de la paix et de la concorde rétablies entre lui, son frère et ses neveux^, s'engageait à respecter les conventions du traité, à honorer l'Eglise et les membres du clergé 7, à assurer aux fidèles et à tous les sujets la jouissance de leurs biens et honneurs, la protection des lois et une justice impartiale s. Ceux qui commettraient des déprédations, ainsi que les conspirateurs, les ravisseurs seraient punis 9; les malfaiteurs qui passeraient d'un royaume dans

1. Conv. ap. Conjl., capitula ab omnibus conservanda, ch. i-5 et 10-12 (CC, t. II, pp. i55 et i56).

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