‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 150 sur 764 · Ann. Bert. 860, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 860, p

lG4 LE RKGNE DE LOTIIAIUE II (H^r^HCx,).

h l'écjanl de Lotliaii'O, en raison de sa jeunesse et de son incontinence. Evidemment cette plirase, vague h première vue, signifie qu'il ser<ut pruilent de laisser le roi contracter une autre union. La ([uestion d'un second mariage est donc post'e, mais non résolue. Après le deuxième concile d'Aix-la-Chapelle, Lothairc n'a plus de femme en fait, sinon en droit, et il ne sait pas s'il sera autorisé k se remarier du vivant de Theuthorge. Peut-être aurait-il voulu (pie le concile allAl jusqu'au bout et terminât l'allaire au lieu de la laisser en suspens. 11 est possible ([ue son impatience n'ait pu triompher des hésitations des évéques, qui craignaient de trop s'avancer. Peut-être se jugeaient-ils trop peu nombreux pour prendre une aussi grave détermination que celle d'annuler le ma-« riage du roi ; peut-être y eut-il opposition de la part des évoques étrangers. Toujours est-il que le concile s'arrêta à mi-chemin.

Avant (le quitter le deuxième concile d'Aix, nous croyons devoir examiner une allégation d'Advence relative aux rôles respectifs des prélats et des grands. Nous dirons ensuite quelques mots de l'affaire d'Engeltrude.

Advence, dans le mémoire justificatif qu'il publia sur l'affaire du divorce quelque temps après le concile de Metz (8G3), parlant de l'année 80o, s'exprime en ces termes : « Affertur schedula confessionis, ubi sponte confessa legitur, judicio consulum damnatur, misericordia pra^sulum salvatur, fugam capessit'. » La mention de la confession écrite prouve qu'il s'agit du deuxième concile d'Aix, de même celle de la fuite de la reine qui vient immédiatement après -. Les consiiles d'Advence ne sont autres que les optimales et les nobiles laici des actes du concile. Il s'est tenu, en même temps que le synode, une assemblée générale des grands du royaume, le préambule des actes et le mémoire d'Hincmar nous l'apprennent' ; mais cette assemblée s'est-elle occupée de l'affaire de Theutberge? Les actes mentionnent la présence des optimates, seulement il semble que ceux-ci, simples spectateurs, ne prennent part ni aux débats ni au prononcé de la sentence. Hlncmar, tout en protestant contre le renvoi devant un concile de cette affaire, qui ressortissait à un tribunal composé de laïcs mariés 4, dit cependant que Theutberge remit sa confession écrite au roi et aux nobles laïcs 5 ; il ajoute qu'elle aurait été absoute par la clémence du prince, ce qui n'aurait pas empêché les évêques de la condamner à une pénitence publique^. Nous avons quelque peine à nous reconnaître au milieu de ces assertions contradic-

1. Adventji libellas apologeticiis dans Baromus, t. XIV, p. 566, col. 2.

2. C'est en 86o <iue les Ann. Dert., p. 54, ])lacent la fiiilo de Theiilbenje dans le royaume de Charles le Chauve, où se trouvait di'jA son frère.

3. Sijn. Aq. //, proœmiuin, CC, I. Il, p. l\ùi\ ; Hi.nc.mau, De dlu. Illotli., ialerr. 1\ MiGNK, t. CX:^V, col. G3o.

4. De diu. Hloth.. inlerr. I», V«, XII», IMkine, I. C.XXV, coll. (kJij-G/jo, ùl\\, 655, 6t)5.

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