ENGELTRUDE, FEMME DE BOSON
toires ^ Une chose est certaine pourtant : ce sont les évèques qui ont prononcé la peine, interdit à Lothaire toute relation avec Theutberge, et autorisé cette dernière à entrer dans une abbaye.
Le concile avait examiné une autre affaire qui avait quelques rapports avec celle de Lothaire et de Theutberge, car elle concernait le frère et la belle-sœur de la reine. Il ne s'agit pas d'Hubert, mais de Boson, qui était comte en Italie -. Boson avait épousé, on ne sait en quelle année, Engeltrude, fille d'un comte MatfridJ, qui doit être ou le partisan de Lothaire I", mort en 836, ou le fils de ce dernier, que l'on trouve mentionné dans plusieurs diplômes de l'empereur Lothaire +. Des liens de parenté unissaient Engeltrude à Lothaire II, mais il est impossible de dire quelle était l'origine de cette parenté >. Au bout de quelques années, Engeltrude quitta son mari, dont elle avait eu des filles ^, pour s'enfuir avec Wanger, un de ses vassaux?. C'est en Gaule, et très probablement dans les Etats de Lothaire, où nous la trouvons plus tard, qu'elle se retira ^. L'événement est de 857 ou de 858, attendu qu'il est mentionné dans une lettre écrite en cette dernière année par le pape Benoît III, qui invitait les rois et les évèques à faire arrêter et reconduire ensuite à Boson la fugitives.
1. Sdralek, op. laiid., pp. G8-6g, estime, en s'appuyant sur les actes du synode, que la juridiction ecclésiastique a seule fonctionné au deuxième concile d'Aix. Sghrœrs, up. laud., p. i85, n. l\i, essaie de réfuter Sdralek, et, à l'aide tant du De diu. Hloth., que du Libell. apoL, il avance que l'assemblée d'Aix a commencé par être un plaid, auquel les évèques ont pris part, comme vassaux du roi (p. i83 et nn. 35 et 36). L'enquête sur la conduite de la reine est d'abord menée en présence et avec le concours des laïcs ; mais avant que ceux-ci aient prononcé la sentence d'après le droit franc, les prélats se constituent en synode, et rendent un jugement d'après le droit canonique sur la question de fait (p. iSô). D'habitude, les tribunaux séculier et ecclésiastique ne se confondaient pas ; s'ils sont mélangés à Aix, c'est que, d'une pari, l'on ne pouvait pas ignorer les vassaux laies, qui avaient jugé l'affaire en 858, et que, d'autre part, il était dangereux, vu leur indépendance, de leur laisser formuler l'arrêt. Comme la peine qui frappait l'inceste pouvait être la mort, en faisant prononcer par le synode un châtiment plus doux, Lothaire se donnait l'apparence de la clémence (p. i86). Telles sont les explications, un peu subtiles, de ScHRŒRS. Cet auteur a le tort de ne pas suffisamment tenir compte des actes du sj-node.