‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 170 sur 764 · B. M. 1258, Baronius, t. XV, p. 124 à · texte numérisé non relu

B. M. 1258, Baronius, t. XV, p. 124 à

|84 LE RÈGNE DE LOTHAIRE II (8û5-8Gy).

lhaire avaient député au {)ape des envoyés chargés de présenter sous un jour défavorable la sentence qu'eux évéques n'avaient en réalité pas encore rendue dans l'affaire du divorce. Les évoques, en elTet, se sont contentés d'intlijer une pénitence àTheutberge, cjui avait confessé son crime. Depuis lors, la reine s'est enfuie. Les évoques prient le pape de ne pas se laisser influencer par des récils mensongers, mais d'attendre, pour se prononcer, l'arrivée des ambassadeurs de Lothaire '. Cette lettre est plus claire, plus précise que celle du roi, mais elle ne répond pourtant à aucune des critiques formulées par Hincmar dans son mémoire contre les irrégularités de la procédure suivie dans l'afTaire de Theutberge. Les ambassadeurs devaient évidemment réfuter de vive voix les objections de leur adversaire.

Nous ne savons pas du tout quel accueil fît le pape aux envoyés de Lothaire II ; nous Ignorons même si Theutgaud et Halton firent le voyage de Rome, tandis que pour Liutfrid la chose est certaine ^. Le pape parlat-il dès ce moment de la réunion d'un concile général qui examinerait l'afTaire du divorce ? En tous cas, cette question ne paraît pas avoir fixé longtemps son attention ; il ne put s'en occuper pendant l'année 86 1, et il fallut la sentence du troisième concile d'Aix, une nouvelle protestation de Theutberge et une démarche de Lothaire II lui-même, pour que le pape se décidât enfin à ordonner la réunion d'un concile.

En Lorraine même, le procès en divorce allait subir un assez long temps d'arrêt, car il ne devait reprendre qu'en 862. Les observations et les critiques d'Hincmar, la fuite de Theutberge et sa déclaration que la confession qu'elle avait faite lui avait été extorquée par des menaces et des violences mettaient Lothaire et ses évêques dans une situation très difficile. Il leur était impossible, dans ces conditions, de poursuivre l'exécution de leur plan ; tout au moins convenait-il de laisser un long intervalle de temps s'écouler entre les révélations de Theutberge et la reprise de son procès.

Aucun événement de quelque importance pour Lothaire II ne se produisit durant l'année 8G1. Le jeune prince eut à supporter les conséquences de l'attitude qu'il avait dû prendre à l'égard de ses deux oncles, en raison des dispositions favorables ou hostiles à ses projets de divorce que ceux-ci avaient manifestées. Pour être agréable k Louis le Germanique, son nouvel allié, Lothaire expulsa de son royaume un de ses principaux conseillers, le comte Adalard 5. Ce personnage, oncle de la reine Ermentrude, femme de Charles le Chauve, avait soutenu la cause de son neveu par alliance pendant la guerre civile qui suivit la mort de Louis

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