Conv. ap. Sap., ch. 5 (CC, t. H, p
192 LE KKGNE DK LOTHAIUE II (Sn^-SOy).
(lliarlcs le Chauve'. (^,elle du père de Juditli ne fut [tas moindre : il réunit un certain noinltre d'évèques et leur fit exconinmnier les deux amants. La sentence lut envoyée àLotliaire, (jui n'en tint aucun compte et permit à Baudoin et à Judith de vivre (juelque temps dans ses Etats. Charles devait plus tard le lui reprocher amèrement, comme si lui-même était sans reproches* !
Tandis que les attaques des Normands et des Bretons, les révoltes de ses fils Louis et Charles venaient accroître les ennuis et les embarras du roi de France 5, Lothaire revenait à ses projets de divorce, (jue depuis deux ans il laissait dormir. Le deuxième concile d'Aix-la-Chapelle avait reconnu la culpabilité de Theutberge, puisqu'il avait imposé à cette princesse une pénitence publique, mais il n'avait pas prononcé l'annulation de son mariage avec Lothaire, il n'avait pas davantage autorisé ce dernier à contracter une nouvelle union. Les circonstances n'avaient pas été assez favorables pour que Lothaire crût possible de pousser plus loin les choses, et prudemment il avait ajourné pour quelque temps la réalisation de son plan. Il est malaisé de dire ce qui détermina le jeune prince à reprendre l'affaire. Il avait depuis longtemps sans doute renoué ses relations avec Waldrade4 ; celle-ci, lasse de rester la maîtresse du roi, impatiente de devenir la reine, devait employer sur son amant tous ses moyens de séduction pour obtenir de lui ce titre d'épouse qu'elle convoitait. Peut-être la naissance d'un fils acheva-t-elle de décider Lothaire à en finir avec l'œuvre commencée >'. Il n'avait plus, il est vrai, Theutberge sous la main, et n'était plus maître de la faire parler comme il le voudrait ; la sentence du deuxième concile d'Aix, déjà fortement ébranlée par le mémoire d'Hincmar, avait été k peu près i-uinée par la protestation de Theutberge, déclarant que la crainte de la mort l'avait contrainte à se charger d'un crime dont elle était innocente. S'appuyer sur cette sentence, considérer la culpabilité de la reine comme acquise, pour prononcer la dissolution du mariage de Lothaire avec Theutberge, c'était jouer une partie dangereuse. Theutberge, Hubert, Hincmar, Charles le Chauve ne man([ueraient pas de renouveler auprès du Saint- Siège les protestations qu'ils avaient déjà fait entendre, et il faudrait bien que cette fois Nicolas y prêtât attention. Ces considérations, si elles se présentèrent à l'esprit de Lothaire et de ses évéques, ne les arrè-