Ann. licrl. 8(j2, pp. '.^i et
li. Ann. lierl. 8.')7 ; Ann. Xant. 8f)i, SS., t. II, p. ySo ; IIincmau, De div. Illotli., inlerr. XVI1I\ XX1«, MuiNK, t. CXXV, coll. 'j-mj el -jW-j ; Conciliuiit Ai/uinf/ranensf 111, ch. 4, Ma.nm, I. XV, cul. (ny.
5. Nous avons vn plus li;iul ipic l'on ne coiniaissail pas la daU' exacte de la naissance de Hu(jucs. Klle esl anlérienre au iH mai 8(')3 (M. M. ia05), c'est tout ce t|ue l'on peut ai'Uriiier.
LE TROISIÈME CONCILE d'aIX-LA-CHAPELLE (862). IqS
tèrent pas. La réunion d'un nouveau concile, purement lorrain, fut décidée; comme les deux précédents, il se tint à Aix-la-Chapelle'.
Huit prélats seulement assistèrent à ce concile, les archevêques Gunther et Theutgaud, les évêques Francon, Hunger, Advence, Arnoul, Hatton et Ratold^. Il est à remarquer que cette fois encore Arduic, archevêque de Besançon, et ses sufFragants ne parurent pas, non plus que Thierry, évêque de Cambrai', suffragant d'Hincmar. La situation de ce dei-nier était très délicate, car, pris entre son roi et son métropolitain, il se trouvait obligé de ménager a la fois l'un et l'autre. Si dans ces conditions l'on ne doit pas s'étonner que Thierry se soit abstenu de venir à un concile 011 devait se traiter l'affaire du divorce, on comprend moins l'absence d'Arduic ; est-elle volontaire, ou s'expliquerait-elle jiar le fait que l'on n'avait pas convoqué le prélat? Dans un cas comme dans l'autre, on arrive k la conclusion qu'Arduic désapprouvait le procès intenté à Theutberge, et le second mariage que le roi projetait de contracter. Mais, sujet de Lothaire, il n'avait pas la même liberté d'allures qu'Hincmar, et il était obligé de se contenter d'une opposition en quelque sorte passive. Pourtant, on ne s'était pas préoccupé, à ce qu'il semble, d'écarter du concile tous les évêques dont on n'était pas absolument sûr ; nous verrons qu'une minorité protesta contre l'annulation du mariage qu'avait conclu le roi avec Theutberge.
C'est le 29 avril 862 que s'ouvrit le troisième concile d'Aix-la-Chapelle*. Les évêques commencèrent par inviter Lothaire à remplir les devoirs que lui imposait sa qualité de prince chrétien 5. Lothaire répondit
1. Voir les actes du troisième concile d'Aix-la-Chapelle dans Mansi, t. XV, coll. 6ii et suiv. Seize jours avant l'ouverture du concile, Lothaire se trouvait à « Novum Castruni » (identifié avec Ghèvremont par Piot, Les Pagi de la Belgique, p. i3o, et avec Neufchâteau au nord-est de Liège par Spruner-Menke, Hist. Handatlas, n" 82). Là il confirma à l'abbaye de Stavelot les biens qu'il lui avait laissés pour l'entretien des moines, alors qu'il avait été forcé, vu l'exiguïté de son royaume, de prendre le reste des domaines du monastère pour les donner en bénéfices à ses fidèles ; il confirme également la propriété des villee concédées en précaires, et ordonne à tous ceux qui détiennent en bénéfices des terres de Stavelot de payer la dîme à l'hôpital de l'abbaye (B. M. 1261, Martène, Amp. Coll., t. II, p. 26). L'original de cet acte, conservé aux archives de Diisseldorf, porte les monogrammes d'Arnulf, de Zwentibold et d'un pape Benoit. Ficker, Beitrsege sur Urkandenlehre, t. I, pp. 280-281, et Mûhlbacher, n° 1261, les croient authentiques, tandis que Sickel, Kaiserurkunden in Abhildungen, Texi, p. i56, et Br*;sslau, Handbuch der Urkandenlehre, t. I, p. 647, déclarent qu'ils sont l'œuvre des moines de Stavelot. — On voit par ce diplôme que Lothaire II, de même que son père, faisait des largesses à ses fidèles aux dépens des églises et abbayes. Etait-ce pour se concilier les grands, pour se les rendre favorables dans l'afl'aire du divorce? — On remarquera aussi que l'acte ne mentionne aucun abbé de Stavelot. Adalard l'avait été avant sa disgrâce ; n'était-il pas encore remplacé ?
2. Concilium Aquisgranense III, proœmium, Mansi, t. XV, col. 611.
3. On ne possède pas un seul diplôme de Lothaire I^' ni de son fils pour l'église de Cambrai, et l'évêque de cette ville semble être resté complètement étranger aux affaires du royaume. On ne le trouve ni au concile de Savonnnières, ni à celui de Tusey, et le * Teudericus » qui assiste au congrès de Goblenz en 860 est plutôt l'évêque de Minden (Krause dans les CC, t. II, p. i54, n. 8) que celui de Cambrai.