Ch. 0, col. Gi
7. Conc. Aq. III, Sententia opiscoporum, Mansi, t. XV, col. O17.
8. Colleclio variorain locorui», etc., Mansi, t. XV, coll. 0i7-(J25. Ma.nsi, t. XV, col. 62(5, croyait à tort (jue ce mémoire était l'œuvre d'un des deu.x évèciues chanjés par le concile de lui faire un rapport. Hkkele, Conciliengeschichte, 2^ éd., t. IV, p. 252, Sdralek, op. laud., pp. i48-i5o, MûuLBACHEK, Reg. Kur., p. l\8G, et Dl'mmi.eh, t. II, p. 3i et u. 2, attribuent avec raison la Colleclio aux deux évèciues dissidents. Pour Sr.niiœns, op. liiud., ]). 22(), n. 16, l'expression de « conciliabuluni » employée dans le titre pour désiijner le concile et les mots « reverentia vestra pra'cepit » ne semblent pas favorables à l'opinion tl'apris la([uelle ce mémoire émanerait de la minorité du concile. Le litre, où il est dit (pie ce travail a été présenté par deux évècpies au concile d'.Vix, a pu être ajouté après coup ; en outre, il semble bien (pic les auteurs de la (( collectio » aient eu sous les yeux les actes du concile. Ouant au Libellas (Mansi, t. X\', coll. 02(i-()3o) (pii vient à la suite de la « collectio u, Hkfki.k, t. IV, p. -m-i, se demande s'il iirovient de l'un des évi^ipies pn-sents, ou d'un tliéolixjien dont on voulait connaître l'avis ; SimALEK, p. i45, n. 3, le croit éci it par un moine de Metz sur la demande d'.\dvence ; Sciirœhs, ibid., le considère comme un brouillon.
LE CONCILE AUTORISE LOTHVIRE A SE REMARIER. IqB
supposer avec vraisemblance que les deux opposants étaient Arnoul, évêqué de Toul, et Hungei* d'Utrecht'. Leurs arguments ne convainquirent pas leurs collègues, dont le siège était fait; ils ne furent même pas mentionnés dans les actes du concile, qui ne laissent pas soupçonner que deux opinions contraires se soient fait jour pendant les débats. La majorité, se ralliant aux conclusions des deux mémoires favorables au divorce, prononça, en s'appuyant sur des canons de conciles et des passages de Pères de l'Eglise ^, sa sentence, qu'elle déclarait rendue avec prudence, réflexion et impartialité. Elle décidait que Theutberge ayant commis un inceste, dont elle s'était publiquement confessée, n'était pas l'épouse légitime de Lothaire ; ce prince était en conséquence autorisé à contracter une autre union 3.
Ainsi, les évêques lorrains n'avaient tenu aucun compte ni des observations d'Hincmar *, ni de la protestation de Theutberge ; ils considéraient comme régulière la procédure suivie contre la reine, et jugeaient la culpabilité de celle-ci démontrée par sa confession publique. Ils auraient dû, ce semble, après les déclarations de Theutberge, disant que la crainte lui avait arraché un aveu mensonger, éprouver quelques scrupules sur la validité de leur première sentence, et réclamer, avant d'aller plus loin, la révision du procès. Leur attitude ne fait honneur ni à leur courage, ni à leur bonne foi, ni à leur indépendance ; elle prouve chez eux un souci médiocre de la justice 5. Il y avait en outre de leur part une certaine hardiesse à trancher une question dont le Saint-Siège avait été saisi. Il est vrai que le pape ne s'en était pas occupé, et cette apparente indifférence pouvait faire croire qu'il s'abstiendrait d'intervenir.
Lothaire était donc libre d'épouser Waldrade. Pourtant, au lieu de procéder sans retard à la cérémonie qui devait l'unir à la femme adorée, il laissa s'écouler encore quelques mois avant d'élever sa concubine au rang d'épouse et de reine. Il lui sembla plus prudent de ne pas précipiter les choses. Il crut devoir faire dire au pape par deux de ses comtes que le concile l'avait autorisé à se remarier, mais qu'avant d'user de la permis-
1. Hefele, ibid., p. 25i, Sdralek, p. i5o, et Dûmmler, t. II, p. .3i, n. 2, pensent que les évêques sont Arnoul et Hunger. Schrœrs ne partage pas cette opinion, puisqu'à son avis la « collectio » n'a été probablement écrite qu'après le concile. Il admet cependant (ju'il y a eu des opposants au concile.
2. Conc. Aq. III, ch. 7, 8 et 9, et Sententia episcoponim (Mansi, t. XV, coll. 6i3 et 616).
3. Conc. Aq. III, ch. 10, et Sententia episcoporum (Mansi, t. XV, coll. 6i3-6i4 et 617).
4. Sdralek, pp. i44 et suiv., croit que les évêques lorrains se sont inspirés du De clivortio Hlotharii et se sont conformés aux observations d'Hincmar. La chose est vraie pour des questions de forme, mais quant au fond même, quant à la procédure suivie, onn'a en aucune façon donné satisfaction à l'archevêque de Reims. Voir Schrœrs, op. laud., p. 226, n. 16.
5. Ranke, Weltqeschichte, Yl*" Theil, i'" Abtheilung, pp. i83 et i84-i85, estime que des considérations politiques ont dicté la sentence des évêques lorrains ; ils voulaient que leur maître eut un héritier qui lui succédât sur le trône. — La chose est possible, mais cela ne justifie pas les prélats de Lothaire d'avoir violé les lois de la morale et de l'équité. Il aurait fallu suivre d'autres voies pour arriver au but. -
ig6 LE RÈGNK DE LOTIIAIUK II (85n-8r)y).
sion i[ul lui avait été accordée, il voulait attendre son avis'. Lotliaire demandait-il en mf'me temps à Nicolas d'envoyer en daule deux légats, soit pour étudier eux-mêmes l'aHaire, soit pour présider un concile qui serait chargé de l'examiner ? (Test ce que semble dire le pape dans une lettre, de beaucoup postérieure, il est vrai, adressée en 8G7 aux évéques allemands; car, après avoir rappelé l'ambassade qu'il reçut de Lothaire après le troisième concile d'Aix, il ajoute qu'il répondit au roi ne pouvoir envoyer tout de suite des légats*. Une autre lettre de Nicolas, de novembre 8()2, présente la demande de Lothaire relative aux légats comme toute récente J; s'agit-il de l'ambassade qui partit aussitôt après le troisième concile d'Aix, ou d'une autre postérieure à celle-l!i ? Ce qui est certain, c'est (jue Lothaire a fuit appel à l'intervention du pape ; dans quel but ? Pourquoi remettre tout en question ? On s'explique d'autant moins la démarche de Lothaire, que, sans attendre l'envoi des légats, ni la décision du pai)e, il devait épouser Waldrade k la fin de l'année. Un autre fait aussi certain est que Nicolas répondit k Lothaire qu'il ne pouvait immédiatement faire partir des légats + ; il renvoyait donc à une date indéterminée l'examen du procès et par conséquent sa propre décision.
Quelque temps après cette démarche auprès du pape, Lothaire en fit une personnelle auprès de Louis le Germanique, pour s'assurer que son allié était toujours dans les mêmes dispositions favorables k son égard. Les deux princes se rencontrèrent sur les bords du Rhin, k Mayence, probablement dans le courant du mois de juillet 5. D'après Hincmar, Louis aurait prié son neveu de venir le trouver k Mayence, pour s'entendre avec lui au sujet de l'expédition qu'il projetait contre les Obotrites. Mais ce n'était Ik qu'un prétexte ; le véritable objet de l'entrevue était
1. Voir lettres de Nicolas I«f à Lothaire du 23 novembre 862, aux évèques du concile de Soissons d'avril (?) 863, aux prélats de Gaule et de Germanie, pour les inviter à assister au concile de Metz (même époque) et aux évèques de Germanie, du 3i octobre 867, pour les prier de cesser leurs sollicitations en faveur de Gunther et de Theutgaud (J. E. 2598, 2728, 2725, 2886, MiGNE, t. CXIX, coll. 798, 833, 800, ii65-ii66); voir aussi Vita Nicolai, Lib. pont., t. II, p. 159, le mémoire lu par Gliarles le Chauve à Savonnières, ch. 6, Conv. ap. Sap., ce, t. II, p. 161. C'est probablement à l'ambassade envoyée en 862 à Nicolas après le troisième concile d'Aix, que fait allusion Advence dans son Libellas apologetivus, Baronius, t. XIV, p. 5G6, col. 2. — Hefele, (".unciliengeschichte, t. IV, p. 262, pense que si Lothaire réclamait l'intervention du pape, c'est qu'il espérait séduire les léyals qu'enverrait Nicolas.
2. J. E. 2886, MiGNE, t.CXlX, coll. ii65-i 166. La réponse du pape est perdue, mais nous en connaissons la teneur par des lettres postérieures.