‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 183 sur 764 · LOUIS LE GERMANIQUE ET LOTHAIRE ÉCRIVENT AU PAPE (8G2). I · texte numérisé non relu

LOUIS LE GERMANIQUE ET LOTHAIRE ÉCRIVENT AU PAPE (8G2). I

certainement l'affaire du mai'iage de Lothaire, et nous serions bien surpris si l'initiative de la réunion était venue de Louis le Germanique, et non de son neveu. Lothaire promit à son oncle de marcher avec lui contre les Obotrites, mais il ne tint pas sa parole, et Louis fît son expédition tout seul. Est-il bien vrai que Lothaire ait pris l'engagement que lui attribuent les Annales de Saint-Bertin ? On a peine à croire que ce prince ait pu songer sérieusement à s'en aller guerroyer sur les bords de l'Elbe, laissant son royaume exposé aux attaques possibles de Charles le Chauve : l'agression dont le roi de Provence avait été la victime était de nature k faire réfléchir son frère. Cette histoire du concours demandé par Louis le Germanique et promis par Lothaire pour une campagne contre les Obotrites a bien l'air d'avoir été inventée de toutes pièces, nous ne savons d'ailleurs dans quel but ; peut-être les deux princes voulaient-ils laisser ignorer l'objet véritable de leur entrevue '.

La preuve d'ailleurs qu'ils avaient des inquiétudes à l'égard du roi de France nous est fournie par une lettre qu'ils écrivirent en commun au Souverain Pontife, lettre non datée, mais qui se rapporte vraisemblablement à l'entrevue de Mayence. Elle est postérieure à l'ambassade de Liutfrid, qu'elle mentionne ^, ainsi qu'à la tentative du roi de France contre la Provence, à laquelle elle fait une allusion assez vague 5, mais d'autre part elle doit se placer avant le congrès qui eut lieu k Savonnières en novembre 862. Comme elle a été certainement composée alors que les deux rois se trouvaient ensemble, comme d'autre part on ne connaît en 862 qu'une entrevue de Louis le Germanique et de Lothaire, celle de Mayence, c'est de Mayence qu'est partie la lettre qui nous occupe '*.

Les deux princes se plaignent k Nicolas de Charles le Chauve, qu'ils accusent d'avoir manqué aux conventions de Coblenz. Il a donné asile k des sujets rebelles de son frère et de son neveu, il cherche k soulever les fidèles des deux rois et il a tenté de s'approprier le royaume d'un autre souverain. Si Louis et Lothaire ne redoutaient pas l'ambition de Charles, ils se rendraient k Rome, étant donné que les païens (les Normands) ont été vigoureusement repoussés. Que le pape vienne donc pour ramener la paix entre les princes ; ses prédécesseurs ont passé les Alpes

1. Ann. Bert. 863, p. 59. Les Ann. Xant. 863, SS., t. II, p. 23o, font participer Lothaire à cette expédition contre les Obotrites. Les Ann. Fald. enfin ne parlent pas de la promesse qu'aurait faite le jeune roi à son oncle de l'accompagner.

D'après Mûhlbabher, Reg. Kar., p. 486, et Dûmmler, t. II, p. 33 et n. 3, c'est à Mayence que Gunther aurait enfin consenti à l'union de Brème et de Hambourg. Nous avons exposé plus haut les motifs qui nous faisaient préférer la conférence tenue à Coblenz en 867.

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