‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 184 sur 764 · Baronius, t. XIV, p. 53i, col · texte numérisé non relu

Baronius, t. XIV, p. 53i, col

3. « Unde fit, et verisimile cernitur, quod Carolus major, eorum instinctu fidèles nostros hinc inde sollicitât, ut sub prœlextu et occasione potestatis indebitse quœdam non referenda preejudicans in regno alleri a Deo concesso prœcipitanter aspiret. « (Baromus, t. XIV, p. 53o, col. 2, et p. 53 1, col. i).

4. Brower et Masen, Ann. Trev., t. I, col. 419. croient de 864 cette lettre, que Mijhl- BACHER, Reg. Kar., p. 486, n" 1262, et Dûmmler, t. II, p. 34 et n. 2, estiment avoir été écrite en 862, lors de l'entrevue de Mavence.

1()H LK RKGNE DK LOTllAIUK H (855-80y).

oux-môines ou ont envoyé des légats. Les ileux rois supplient Nicolas de ne prendre aucun ombrage de leur entente, de croire vrai ce qu'ils lui écrivent, comme ce qu'ils lui ont fait dire précédemment, par l'illustre comte Liutfrid, jusiju'h ce qu'ils puissent, soit de vive voix, soit par la bouche de leurs envoyés, lui donner les éclair(;issenicnts nécessaires'.

A cette lettre de Louis et de Lothaire en était jointe une très courte des évêques, qui contenait des éloges k l'adresse du roi de Germanie pour le zèle avec lequel ce prince s'employait à maintenir la paix ; Lothaire recevait de son côté des félicitations pour la résistance heureuse qu'il avait opposée au païens ^.

Ni les rois ni les évèques ne parlaient du divorce de Lothaire, ni de son second mariage ; il est vrai que la chose était inutile, le pape ayant déjà re(;u auparavant une ambassade chargée de lui apprendre la déci^ sion du concile d'Aix-la-Chapelle et l'intention où était Lothaire de ne rien faire, tant que Nicolas ne se serait pas prononcé. Pourtant, si les deux souverains gardaient le silence sur la question (jui touchait de si près Lothaire, ils travaillaient, en présentant Charles le Chauve comme un protecteur de révoltés, à jeter le discrédit sur ce prince et sur les, gens auxquels il donnait son appui, Hubert et Theutberge par exemple.

Lothaire avait certainement entretenu son oncle de ses projets matri-, moniaux. Louis le Germanique lui aurait-il donné le conseil de les exé-, cuter sans plus tarder ? On serait tenté de le supposer, quand on voit Lothaire célébrer son mariage avec Waldrade quelque temps après l'entrevue de Mayence. La réponse du pape, dont nous avons déjà parlé, contribua peut-être encore à hâter le dénouement. Nicolas déclarait qu'il ne pouvait envoyer sur-le-champ de légats?; c'était un nouveau' délai qui venait s'ajouter à tous ceux que l'affaire avait déjà subis. En outre, les envoyés de Lothaire avaient pu, soit au cours de leurs entretiens avec le, Souverain Pontife, soit par des indiscrétions de son entourage, apprendre, que Nicolas était hostile aux annulations de mariages 4 et que l'on ne, pouvait guère espérer qu'il ratifiât la sentence du troisième concile d'Aixla-Chapelle. Les plus chères espérances de Lothaire se voyaient donc menacées, non plus d'un ajournement, mais d'une ruine complète.

Il est donc probable qu'après avoir entendu le rapport de ses ambassadeurs, (jui revinrent en juillet ou en août, Lothaire réunit ses conseillers pour délibérer sur la détermination qu'il convenait de prendre. Fallait-il attendre l'envoi des légats, laisser remettre tout en question, pour aboutir peut-être à l'annulation non pas du mariage avec Theutberge, mais de

1. Voir cette lettre dans Bahonius, t. XIV, pp. 529-53i (H. M. 1262).

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