GRIEFS DE CHARLES LE CHAUVE CONTRE LOTHAIRE
déclare qu'il ne veut pas accuser son frère d'y avoir contrevenu. Si on l'accuse, lui, Charles, d'avoir violé ses engagements à l'égard de Louis ou de Lothaire, il est prêt à donner des explications et à accorder une satisfaction convenable. Quant aux torts de Lothaire envers son oncle, beaucoup de gens les connaissent '. A deux reprises, Charles était prêt à venir à une de ces conférences, prévues à Coblenz, où l'on devait traiter les affaires d'intérêt général *. Vient ensuite l'énumération des motifs pour lesquels Charles n'a pas voulu avoir de relations avec son neveu avant d'avoir pris conseil de son frère '. Le pape lui a reproché d'avoir accueilli Engeltrude, excommuniée pour avoir quitté son mari ; or, c'est dans le royaume de Lothaire que s'était réfugiée Engeltrude 4. Lothaire a donné asile à Baudoin, excommunié par les évêques de Charles pour avoir enlevé Judith ; il avait été pourtant convenu entre les rois que si un homme ainsi condamné dans son pays se transportait dans un Etat voisin, le souverain de cet Etat le livrerait à son roi, pour qu'il subît son châtiment 5. Lothaire ne s'est conformé ni aux conseils de Charles, ni à ceux du pape, pour la conduite qu'il devait tenir à l'égard de sa femme ; il avait cependant sollicité les avis de l'un et de l'autre^. Tels sont les faits pour lesquels Charles a désiré avoir l'avis de Louis ; il est prêt à aider ce dernier, si Lothaire consent à écouter ses conseils 7. Quant à Charles, k ses évêques et k ses autres fidèles, ils se sont arrêtés à la résolution suivante, que Louis est invité k approuver, k moins qu'il n'ait k proposer une opinion meilleure ^ : que Lothaire, conformément k l'avis du pape et des évêques, soumette k un plaid, auquel assisteront les évêques et les fidèles des trois rois, l'affaire de Theutberge, qui est une affaire d'intérêt général, et qu'il tâche de prouver que sa conduite antérieure vis-k-vis de sa femme a été conforme aux lois divines et humaines ; sinon, qu'il accepte de réparer le mal qu'il a fait dans cette circonstance, ainsi que dans les deux autres déjà mentionnées. S'il se soumet k cet arrangement, Charles est prêt k l'accueillir et k lui garder son amitié. Que l'on choisisse donc un endroit et une époque convenables pour l'assemblée qui réunira les rois, leurs évêques et leurs fidèles ; les rois ne doivent pas être pour leurs sujets une cause de scandale. Il faut se conformer aux engagements pris k Coblenz. Que Lothaire ne trouve pas trop dure cette façon de procéder; qu'il craigne Dieu et qu'il travaille k étouffer un scandale que l'on pouvait éviter en se conduisant avec prudences. Si