‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 189 sur 764 · GRIEFS DE CHARLES LE CHAUVE CONTRE LOTHAIRE · texte numérisé non relu

GRIEFS DE CHARLES LE CHAUVE CONTRE LOTHAIRE

déclare qu'il ne veut pas accuser son frère d'y avoir contrevenu. Si on l'accuse, lui, Charles, d'avoir violé ses engagements à l'égard de Louis ou de Lothaire, il est prêt à donner des explications et à accorder une satisfaction convenable. Quant aux torts de Lothaire envers son oncle, beaucoup de gens les connaissent '. A deux reprises, Charles était prêt à venir à une de ces conférences, prévues à Coblenz, où l'on devait traiter les affaires d'intérêt général *. Vient ensuite l'énumération des motifs pour lesquels Charles n'a pas voulu avoir de relations avec son neveu avant d'avoir pris conseil de son frère '. Le pape lui a reproché d'avoir accueilli Engeltrude, excommuniée pour avoir quitté son mari ; or, c'est dans le royaume de Lothaire que s'était réfugiée Engeltrude 4. Lothaire a donné asile à Baudoin, excommunié par les évêques de Charles pour avoir enlevé Judith ; il avait été pourtant convenu entre les rois que si un homme ainsi condamné dans son pays se transportait dans un Etat voisin, le souverain de cet Etat le livrerait à son roi, pour qu'il subît son châtiment 5. Lothaire ne s'est conformé ni aux conseils de Charles, ni à ceux du pape, pour la conduite qu'il devait tenir à l'égard de sa femme ; il avait cependant sollicité les avis de l'un et de l'autre^. Tels sont les faits pour lesquels Charles a désiré avoir l'avis de Louis ; il est prêt à aider ce dernier, si Lothaire consent à écouter ses conseils 7. Quant à Charles, k ses évêques et k ses autres fidèles, ils se sont arrêtés à la résolution suivante, que Louis est invité k approuver, k moins qu'il n'ait k proposer une opinion meilleure ^ : que Lothaire, conformément k l'avis du pape et des évêques, soumette k un plaid, auquel assisteront les évêques et les fidèles des trois rois, l'affaire de Theutberge, qui est une affaire d'intérêt général, et qu'il tâche de prouver que sa conduite antérieure vis-k-vis de sa femme a été conforme aux lois divines et humaines ; sinon, qu'il accepte de réparer le mal qu'il a fait dans cette circonstance, ainsi que dans les deux autres déjà mentionnées. S'il se soumet k cet arrangement, Charles est prêt k l'accueillir et k lui garder son amitié. Que l'on choisisse donc un endroit et une époque convenables pour l'assemblée qui réunira les rois, leurs évêques et leurs fidèles ; les rois ne doivent pas être pour leurs sujets une cause de scandale. Il faut se conformer aux engagements pris k Coblenz. Que Lothaire ne trouve pas trop dure cette façon de procéder; qu'il craigne Dieu et qu'il travaille k étouffer un scandale que l'on pouvait éviter en se conduisant avec prudences. Si

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