‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 190 sur 764 · Conv. ap. Sap., ch. 9, CC, t. II, p. i6a · texte numérisé non relu

Conv. ap. Sap., ch. 9, CC, t. II, p. i6a

206 LE HKGNK DK I.OTMAIRi: II (S.^.^-Wmj).

Lothaire refuse (rohlciiipéior à la demande de (lliarles, (|u'll agisse comme bon lui semble. (Charles désire conserver l'amitié de Louis, il recherche celle de son neveu et non le royaume qui lui appartient, mais il ne se brouillera pas avec Dieu par amitié pour Lotiiaire, et il n'aidera persoime à mal faire '.

Il avait été convenu, en effet, à Coblenz, et, auparavant à Meerssen, que si un souverain manquait à ses engagements, il comparaîtrait devant les autres rois, et leurs fidèles, pour rendre compte de sa conduite *. En 85(), on n'avait pas essayé de juger Louis le (Jermanique, coupable d'avoir envahi les Etats de son frère, mais on avait voulu l'obliger a reconnaître publi([uem('nt sa faute et ci en exprimer son repentir. Nous avons vu que ce prince n'avait pas consenti à's'infligcr cette humiliation 5.

Nous ne savons pas quelle fut l'attitude de Louis le Germani({ue en présence des exigences de Charles le Chauve. Fit-il remarquer a son frère qu'il était mal venu ii les élever ? Lui rappela-t-il l'asile donné à Hubert et aux neveux du comte Ernest, ainsi que l'invasion de la Provence ? Nous ne savons. Toujours est-il que le roi de (îermanie et les évêques allemands et lorrains qui l'accompagnaient allèrent transmettre à Lothaire les conditions de son oncle. On peut croire qu'elles lui parurent difficiles à accepter. Son amour-propre devait se révolter à la pensée que sa conduite serait jugée par un tribunal formé en grande partie de- gens qui n'étaient que ses sujets ou ceux de ses oncles. Il avait, de plus, h craindre qu'on ne l'obligeât à se séparer de Waldrade et à reprendre Theutberge. Charles le Chauve mettrait évidemment tout en œuvre pour arriver à ce résultat. Le souci de sa dignité, aussi bien que de ses intérêts, interdisait donc à Lothaire de se soumettre aux conditions de Charles le Chauve. Ou bien encore il pouvait les accepter, mais en exigeant à son tour que son oncle comparût, lui aussi, devant l'assemblée généi'ale des Francs, pour rendre compte de l'asile donné aux rebelles lorrains ou allemands, et de l'agression contre la Provence. \'oilà le parti auquel se serait arrêté un souverain habile, désireu.x de paraître conciliant, sans laisser porter atteinte au prestige de sa couronne. Mais il eût fallu quelque fermeté pour tenir tête k Charles le Chauve, et Lothaire en était dépourvu. Il céda donc, peut-être sur les injonctions de Louis le Germanique ; si son oncle l'a menacé de l'abandonner, on comprend que Lothaire ait capitulé. Louis et les quatre évêques mentionnés plus haut revinrent auprès do Charles le Chauve, h ([ui ils annoncèrent l'acquiescement de Lothaire ; le roi de France consentit enfin ii voir son neveu et à lui donner le baiser de paix*.

Alors seulement commença la conférence pro[)rement dite. On ilécida de se réunir au mois d'octobre prochain, c'est-à-dire de l'année 803, sur

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