II. Ibid., ch. 2, p
12. Conv. ap. Sap., Adn. Hloth., ch. 3, CC, t. II, 'pp. i64-i65.
208 LK Ui:(;.\K DE LOTIIAIUK II (Sô^-HOy),
trois souverains, au nombre de deux cents '. Mais cela ne suffisait pas k Charles ni à Ilincrnar - ; ils voulaient porter les Adniintiationes à la connaissance du peuple, c'est-à-dire des cjens qui composaient la suite des rois et des grands 5. Le roi de France avait remporté sur son neveu un avantage, en lui imposant ses conditions ; il tenait à ce que son triomphe iut {lublié, proclamé devant tous. Celte prétention de Charles se heurta à une vive opposition de la part de Louis et de Lothaire^. Ce fut surtout un des conseillers de ce dernier, Conrad 5, qui protesta contre la communication au peuple des griefs que Charles imputait k Lothaire. Conrad, frère de Judith, mère de Charles, avait épousé Adélaïde, sœur d'Ermengarde, mère de Lothaire II ; il était donc à la fois l'oncle de ce prince et de Charles le Chauve. On ne sait pas k quelle époque ni pour quels motifs Conrad quitta le royaume de l'ouest pour se retirer auprès de Lothaire^.
C'est k l'entrevue de Savonnières qu'il est mentionné comme l'un des conseillers du jeune roi. Comment la discussion se termina-t-elle, qui l'emporta, de Charles ou de ses contradicteurs? C'est ce qu'il nous est difficile de dire, nous trouvant en présence de deux versions différentes, quoique provenant peut-être de la même source. Dans ses Annales, Hincmar nous apprend que Charles, sans tenir compte des observations de son frère, de son neveu, de Conrad, aurait dit devant tout le inonde pour quels motifs, répudiation de Theutberge, mariage avec Waldrade, asile à Engeltrude et k Baudoin, il avait refusé de communiquer avec son neveu, avant que celui-ci eût pris l'engagement rappelé plus haut?. Mais les actes de l'entrevue de Savonnières, dont Hincmar est probablement le rédacteur, présentent autrement les choses : On aurait laissé entrer dans la salle, où se tenaient les conseillers des rois, quelques personnes, en petit nombre, car le local était déjk presque entièrement rempli, et, devant cette assemblée, Charles aurait déclaré qu'il était disposé k vivre en bons termes avec Lothaire et k le proléger, pourvu que celui-ci, en