Voir I" i>arli<', liv. Il, cli
/(. Cunv. <ip. S(ip., [ini'falio, Ci',., t. II, p. l'xj ; Anii. Itrrt. 8t)2, \\. (io.
LE CONGRÈS DE SAVONNIÈRES (Sfb), 2O7
la Jimite du pagus Mosomensis et du pagus Vongensis, par conséquent à la frontière de la Lorraine et de la France '. Etait-ce à cette assemblée que devaient être examinés les griefs de Charles le Chauve contre Lothaire ? Ni les Annales Bertiniani, ni Y Adniintiatio domni Hladowici, qui parlent de l'entrevue projetée, ne nous l'apprennent. Nous ne savons si l'affaire de Cambrai, dont Charles le Chauve n'avait rien dit dans son mémoire, fut l'objet d'un débat; mais une lettre écrite à Hincmar parles collègues lorrains nous fait connaître que l'archevêque de Reims remit entre les mains de Lothaire un factum contre Hilduin^. On arrêta enfin le texte des proclamations royales 3.
Louis, dans la sienne, rappelait les empêchements qui, à trois reprises, avaient interdit aux souverains de se réunir comme ils le désiraient +, la mésintelligence qui s'était élevée entre Charles et Lothaire, les efforts que lui-même avait tentés pour ramener la concorde entre son frère et son neveu, et l'heureux résultat qu'il avait obtenu 5. Il annonçait l'envoi d'un royaume à l'autre de missi chargés de signaler et de réprimer les crimes, il exigeait le respect pour l'Eglise et ses ministres, promettait aux fidèles protection pour leurs personnes et leurs biens, jusqu'à la réunion prochaine des souverains, réunion dont il n'indiquait d'ailleurs ni la date ni le lieu^. Charles osait prétendre, dans son adnuntiatio, qu'il n'avait pas manqué aux stipulations de la paix de Coblenz?, il promettait son amitié et son appui à Lothaire, pourvu que celui-ci tînt les engagements qu'il avait pris et que Louis lui avait transmis ^ ; il terminait, en parlant des missi, des injustices à réparer, du respect dû à l'Eglise et aux prêtres 9, etc. Lothaire, enfin, se disait prêt à remplir ses devoirs à l'égard de Louis le Germanique, qui l'avait adopté comme son fils, et avait toujours agi envers lui comme un père '°. Il tiendrait de même les engagements qu'il avait pris vis-à-vis de son oncle Charles, et il lui serait fidèle, si celui-ci se comportait comme un bon oncle *'. La fin de la proclamation de Lothaire n'est que la reproduction littérale de ce qu'avait dit Charles des missi, de l'Église et des fidèles ".
Les proclamations, une fois arrêtées, furent lues dans un endroit où se trouvaient réunis les principaux conseillers laïcs et ecclésiastiques des
I. Ann. Bert. 862, p. 61 ; Conv. ap. Sap., Adn. Hlud., ch. 3. CC, t. II, p. i63. Le p. Vongensis appartenait à Gliarles le Chauve, le Mosomensis à son neveu ; voir I'* partie, liv. II, ch. II.
2. Epistola episcoporarn regni Hlotharii ad Hincmaruni, Mansi, t. XV, col. 645.
3. Sur ces Adnantiationes voir Bourgeois, Le Capitulaire de Kiersij, \^^. 6i-Ga et 65.