LE RÈGNE DE LOTHAIKE II
(]|iauve des conseils'. Lothaire avait cru acjir avec prudence et habileté en consultant, sur l'adaire de son divorce et de son second mariafje, ses frères, ses oncles, ainsi que le Souverain Pontife ; c'eût été bien, s'il avait eu l'intention de se conformer à ces avis, de n'aller de l'avant que si les principaux intéressés approuvaient ses projets. Mais étant donné que le jeune roi était décidé à n'agir qu'au gré de sa passion, mieux eût valu pour lui ne consulter personne, résoudre la ijuestion rapidement avec ses seuls évéques et ne biisser k qui que ce fût le temps de s'y immiscer. Lothaire avait pu se convaincre, à Savonnières, qu'il avait été bien maladroit d'avoir tant traîné les choses en longueur et de s'être adressé k Charles le Chauve. Mais les déboires qu'il s'était attirés de ce côté n'étaient rien auprès de ceux que lui réservait le pape. Malgré ses protestations de respect et d'obéissance, malgré sa promesse formelle d'attendre la sentence pontificale, Lothaire avait fait de Waldrade sa femme. Nicolas allait lui infliger une leçon telle qu'aucun souverain n'en avait encore reçu de pareille, et lui apprendre qu'un roi n'a pas le droit de violer les lois religieuses et morales, ni de compter pour rien les prérogatives du chef de l'Eglise.
I. C'est du moins le roi de France ([iii le prétend au ch. 6 de son mémoire, CC, t. II, p. i6i.