‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 197 sur 764 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'affaire du divorce (^siiite). — Intervention du pape Nicolas I^'^ (8G2). — Envoi EN Gaule des légats pontificaux Radoald et Jean : concile de Metz (863). — Le pape dépose les archevêques Theutgaud de Trêves et Gunther de Cologne (803).

Dans le procès en divorce intenté à Theutberge par son mari, les deux parties avaient, quoique avec quelque différence, sollicité l'intervention du Souverain Pontife. La reine avait à trois reprises réclamé auprès de Nicolas contre les violences et les injustices dont elle avait été la victime, une première fois un peu avant le premier concile d'Aix, une seconde fois après sa fuite dans le royaume de Charles le Chauve, et, en dernier lieu, soit aussitôt après le troisième concile dAix, qui prononçait l'annulation de son mariage avec Lothaire, soit un peu plus tard, lorsqu'elle eut vu Waldrade usurper sa place '. Hubert avait très probablement joint ses protestations à celles de sa sœur^, et Charles le Chauve n'avait pas manqué d'appuyer les unes et les autres 3. La crainte que le pape ne prêtât une oreille favorable aux allégations de ses ennemis, le désir de détruire l'impression fâcheuse qu'elles avaient pu produire, voilà sans doute les motifs qui déterminèrent Lothaire à saisir, lui aussi, Nicolas de l'affaire, et à lui prodiguer des assurances de soumission et de respect.

Nous ne croyons pas qu'Advence soit allé à Rome après la démarche inutile qu'il avait tentée auprès d'Hincmar. Mais à la fin de 860, ou au début de 861, le pape reçut les ambassadeurs de Lothaire, Liutfrid, Walter, et peut-être aussi Theutgaud et Hatton ; il n'est pas absolument sûr, nous l'avons dit, que ces deux prélats aient rempli la mission dont les avaient chargés leurs collègues. Enfin, Lothaire fit connaître à Nicolas par l'entremise de deux comtes les décisions du troisième concile d'Aix ; il l'assurait en outre qu'il ne profiterait pas de la permission que lui avaient accordée ses évêques de prendre une autre femme, tant qu'il n'aurait pas obtenu son consentement 4. Nous ne possédons plus la lettre que Lothaire avait écrite au pape en cette circonstance, et par suite nous ne .savons pas exactement sous quelle forme il désirait que se produisît son intervention. Demandait-il l'envoi de légats pontificaux et la réunion d'un

i. Nous avons parlé précédemment, p. i53, n. i, p. 181, p. 200 et n. 2, des protestations de Theutberye, et des dates auxquelles elles se placent.

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