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222 LE RÈGNE DE LOTHAIUE II (855-8G(j).
munies par lui ' ; il fulminerait, de son cAté, la mJ^me peine contre Hilduin, si celui-ci ne (juittait pas Cambrai et ne restituait pas les biens qu'il avait soustraits -.
On l'a vu par les lettres aux léçjats et aux évoques de (îaule et de Germanie, Nicolas craignait une révolte de Lothaire, soit que celui-ci enqîèchàt le concile de se réunir, soit qu'il refusât d'y comparaître 3. (l'était mal connaître le caractère du jeune roi. Lothaire n'avait ni la décision, ni l'énergie voulue pour résister en face au Souverain Pontife ; son attitude au congrès de Savonniéres avait montré à quel point ces qualités lui faisaient défaut. Lothaire entendait bien ne pas se soumettre, mais tout en gardant les apparences de la soumission ; il ferait semblant de se conformer aux ordres du pape ; en réalité, il s'efforcerait de les éluder.
Nous avons dit que le vol des lettres pontificales avait arrêté les légats dans l'accomplissement de leur mission ; ils étaient obligés, avant de poursuivre leur voyage, d'attendre ([ue les nouvelles lettres qu'ils avaient demandées au pape leur fussent parvenues. Virent-ils quand même Lothaire et ses évèques à ce moment, ou seulement plus tard, après l'arrivée du courrier venu de Rome? Nous ne savons 4. Le roi, d'ailleurs, n'avait pas besoin d'avoir rencontré lui-même Radoald et Jean, pour entreprendre de corrompre ces deux personnages ; des émissaires étaient même préférables pour l'accomplissement de cette besogne. Le plan de Lothaire, qui consistait à écarter du concile les évêques étrangers, Theutberge, Hubert, en un mot tous ceux qui avaient intérêt à ce que la lumière fût faite sur les agissements du roi, ce plan, disons-nous, ne pouvait réussir qu'avec la complicité des légats pontificaux. Il ne fut pas très difficile, k ce qu'il semble, de les gagner. Radoald, envoyé en mission h Constantinople, avec Zacharie, évêque d'Anagni, s'était, ainsi que son collègue, laissé acheter par les Grecs. Le pape n'apprit la fraude de ses légats que pendant le séjour de Radoald en Gaule. Zacharie comparut devant un concile, fut convaincu de corruption et condamné ; si Radoald échappa sur le moment à la même sentence, c'est que Nicolas ne voulut pas frapper un absent, qui ne pouvait se défendre 5. Radoald ne montra pas plus de répugnance à accepter les