NOUVELLES INSTRUCTIONS DU PAPE
Aux légats, Nicolas prescrivait de se conformer à ses instructions. Ils devaient convoquer le concile à Metz, et si le concile ne se réunissait pas, ou si Lothaire n'y comparaissait pas, se rendre auprès du roi et lui signifier les ordres du pape '. Cette lettre aux légats était accompagnée d'un commonitorium aujourd'hui perdu, qui reproduisait, en les complétant, les instructions précédentes dont nous avons donné une analyse.
Dans sa lettre aux évêques de Gaule et de Germanie, le pape, après avoir rappelé brièvement les réclamations de Theutberge, la demande d'intervention de Lothaire, la promesse que lui, Nicolas, avait faite au roi de soumettre l'affaire à l'examen d'un concile, enfin le mariage de ce prince et de Waldrade, le pape, disons-nous, déclarait que Lothaire s'était condamné lui-même, en se dérobant au jugement qu'il avait sollicité. Les prélats étaient invités à se rendre au concile de Metz, à y convoquer Lothaire et à le juger. S'il ne comparaissait pas, s'il n'acceptait pas la pénitence qui lui serait infligée, Nicolas se proposait de l'excommunier-.
A la fin de la lettre qu'il adressait en même temps aux évêques du concile de Soissons, relativement à Rothade, Nicolas abordait la question du mariage de Lothaire et de Waldrade, dont ces évêques l'avaient saisi. Il était, disait-il, décidé à amputer radicalement le crime de Lothaire, c'est-à-dire à rompre le mariage illicite de ce prince ; si le roi refusait de se soumettre, il serait excommunié. Le pape, dans la crainte que les esprits simples, trompés par les apparences, ne crussent à son indifférence ou à sa complicité, ordonnait aux évêques d'éclairer les fidèles sur cette affaire '.
Nous ignorons si les légats reçurent mission de régler l'affaire de Cambrai, mais nous possédons trois lettres du pape, écrites respectivement à Lothaire, à ses évêques et à Hilduin lui-même. Elles étaient pleines de reproches à l'adresse de Lothaire, qui avait violé les droits du métropolitain*; de l'épiscopat lorrain, parce qu'il avait laissé le roi imposer à l'église de Cambrai un évêque qui n'avait pas été régulièrement élu par le clergé et le peuple de la ville, que le métropolitain n'avait pas consacré, et que sa conduite rendait d'ailleurs indigne de cette haute fonction 5; enfin, d'Hilduin lui-même, pour avoir, sans aucun droit, envahi l'église de Cambrai et en avoir dilapidé les biens *. Lothaire était menacé d'un châtiment, s'il ne faisait pas vider les lieux à l'intrus 7 ; les évêques étaient invités à frapper d'anathème Hilduin, si celui-ci ne se soumettait pas aux ordres du pape, sinon eux-mêmes seraient excom-