Vita Nicolai, Lib. pont., t. II, p
ROYAUME DE LORRAINE. l6
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raiii (le Nicolas, pouvait agir sur ce dernier. D'ailleurs l'affaire de Guiither et de TluMitcjaud le touchait personnelleiiieiit, puisque les deux archevèipies étaient les ambassadeurs de son t'rf're et (pi'ils avaient fait sous sa sauvegarde impériale le voyage de Rome '. Us se rendirent donc auprès de Louis, qui se trouvait alors dans le duché de Bénévent, et lui remirent un mémoire exposant leurs griefs ; ils développèrent de vive voix les assertions de leur factum. La sentence prononcée contre eux était injuste, prétendaient-ils; leur déposition constituait une injure faite à l'empereur et à l'Eglise, attendu ({u'on n'avait jamais ouï dire ni lu nulle part qu'un métropolitain eût été déposé sans le consentement du prince et la présence d'autres métropolitains. Ils firent valoir aussi leur (lualilé d'ambassadeurs de Lothaire et la protection que leur avait accordée l'empereur pour leur voyage à Rome. En outre, ils se livrèrent à des insinuations malveillantes contre le pape^. 11 est possible, vraisemblable même, que Jean de Ravenne et Haganon de Bergame aient parlé à Louis en faveur de Gunther et de Theutgaud.
Quoi qu'il en soit, l'empereur entra dans une violente colère contre le pape et prit fait et cause pour les archevêques de son frère. La conduite de Nicolas a l'égard de l'archevêque de Ravenne l'avait déjà irrité'; cette fois la mesure était comble. Si l'affection fraternelle le poussait à intervenir en faveur de Gunther et de Theutgaud, il est probable que des considérations politiques le guidaient aussi. Gomment n'aurait-il pas été frappé du danger que présentait pour les droits de la royauté et des hauts dignitaires du clergé le pouvoir que s'arrogeait le Souverain Pontife ? C'était à lui, l'empereur, dont Nicolas n'était que le sujet, que revenait le soin de réfréner l'ambition du pape et de contraindre celui-ci à ne pas dépasser la limite de ses attributions. Louis prit donc la route de Rome, accompagné de sa femme et des deux métropolitains, résolu à exiger de Nicolas qu'il restaurât ceux-ci sur leurs sièges, et, si le pape s'y refusait, à employer contre lui la violence i.
Quand Nicolas eut connaissance des intentions de l'empereur et de sa marche sur Rome, il ordonna aux habitants de la ville et s'imposa à lui-même un jeûne et des prières. Il décida en outre que les moines et les religieuses feraient chaque jour des processions le long des murs de la ville, en chantant des cantiques >'. Nous sommes assuré d'ailleurs qu'il était bien résolu à ne pas céder. L'empereur fit son entrée à Rome et se logea dans le palais attenant à l'église Saint-Pierre*. Y eut-il tout de suite des négociations entre lui et le pape ? Aucun document n'en parle.