‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 237 sur 764 · Ann. Bert. 864, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 864, p

4- Ann. Bert. 864, p. 68. Le Libellus de imp. pot. ne présente pas les choses sous leur véritable jour (Migne, t. CXXXIX, col 55). Il semblerait, à le lire, que ce fut le pape qui fit des concessions. Il se garde d'ailleurs de dire pour quel motif l'empereur avait fait le voyage de Rome.

24G LE RÈGNE DE LOTHAIRE II (85r>-8G(j).

déjà éveillé les craintes des deux inétro[)olitaiii.s, qui voyaient Louis fail)lir. Mais ils n'avaient peut-être pas sup[)Osé que le triomphe de leur adversaire serait aussi complet. (Irand dut être leur dépit, quand Louis leur signifia ses résolutions : ils devaient se soumettre à la sentence du pape et retourner en Francia. Leur chagrin et leur colère durent être d'autant [dus vils qu'ils s'étaient crus un peu auparavant plus siirs de la victoire '. Du moment que l'empereur leur avait retiré son appui, tout espoir était perdu pour eux, et ils n'avaient [)lus qu'il reprendre le chemin de leur i)ays. C'est probablement ce qu'aurait fait Theutgaud, homme pacifique et résigné ; mais Gunther, âme vindicative et haineuse, voulut, avant de quitter Rome, se donner le plaisir de braver et d'insulter encore une fois le pape ^. Nous avons analysé le mémoire où les deux archevêques exposaient leurs griefs contre leur juge. Ils résolurent d'en remettre un exemplaire à Nicolas. Comme ils ne pouvaient le faire eux-mêmes, la mission fut confiée au frère de Gunther, Hilduin, ce clerc que Lothaire avait nommé à l'évêché de Cambrai. Hilduin devait, si le pape refusait de le recevoir, aller déposer le factum sur le tombeau de saint Pierre. Comme c'était facile à prévoir, Nicolas ne donna pas audience à Hilduin. Alors celui-ci, accompagné des hommes qui formaient la suite de son frère, pénétra dans l'église Saint-Pierre, et, malgré les gardiens qui voulurent vainement s'y opposer, parvint jusqu'au tombeau du Prince des Apôtres, où il déposa le mémoire dont il était chargé. 11 fallut à Hilduin et à sa suite livrer un nouveau combat pour sortir de la basilique ; ils arrivèrent enfin à se dégager et revinrent raconter à Gunther leur exploit'. Il ne semble pas que l'empereur, qui n'avait pas encore à ce moment quitté Rome», se soit occupé de cette affaire ; aucun châtiment ne frappa les profanateurs de la basilique.

Rien ne retenant plus maintenant Gunther et Theutgaud, ils se mirent en route pour la Lorraine. Arrivés à Rome au début d'octobre 863, condamnés à la fin du même mois, ils s'étaient rendus auprès de Louis II en décembre 863 ou en janvier 864 '■> ^^^ étaient de retour a Rome en février 5 , et au commencement de mars ils en repartaient. Le pape les avait condamnés, l'empereur, d'abord décidé à les soutenir, les avait

1. RÉGixoN, Chronicon 865, p. 83, parle de leurs espérances dé(;iies.

2. La Translatio S. Glodesindis, ch. 28 (SS., t. XXIV, p. 507, note), qui fait allusion à la protestation des arclievèques, l'attribue au seul Gunther.

3. Ann. Bert. 864, pp. 68 et 70-71 ; J. E. 2886, Migne, t. CXIX, col. 1169 ; Translatio S. Glodesindis, ch. 28 {SS., t. XXIV, p. 507, note).

4. Hi.Nc.MAK, Ann. Bert. 864, p. 71, ne mentionne qu'après la profanation de Saint- Pierre le départ de l'empereur, dont l'armée aurait commis dans Rome mille excès.

5. Deux diplômes de Louis II pour l'abbavo de Farfa sont datés, l'un de février, sans indication de jour, l'autre du 23 de ce mois (H. IM. ii8(j. 1190); tous deux ont été rendus à Rome. D'autre part, l'empereur était arrivé à Ravenne avant la fête tle l'Aques, qui tombait cette année le 2 avril {Ann. Bert. 864, p. 71). D'après le l'.odej- L'dalriei (Jakkk, Bihl. BB. 67;., t. V, ])p. 33y-34o), Louis II aurait |>endaiU cinquante-deux jours tenu le pape assi(i|é dans Saint-I'icrre. Ce Coder se réfère à une Oiierinioniii Bmiiiinoruin aujourd'hui perdue, (louune (iuiillier se trouvait à C.oloijne le .leudi-Saint, 3o mars (.\nn. Bert. 864, p. 71), il avait du ([uiticr Rome dans les premiers jours du mois au plus lard.

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