Ann. Bert. 864, p
8. Hefele, op. laud., t. IV, p. 279, estime que Huçjues n'eut alors ([u'une promesse, car, dès 864, Gunther apparaît comme administrateur temporel du diocèse. Celte dernière assertion est fausse.
21)2 LE RÈGNE DE LOTIIAIUE II (S^'i-ROo).
avait fait choix de IIiii)ac.s, [iliitùi (|iic d'un autre, ce n'était certainement pas pour se concilier la hieuvcillanco do Charles le Chauve, puisque ce prince avait discjracié Hu(jues et son iVère' ; il voulait être agréable à un proche parent et s'assurer les services d'un homme dont il appréciait les grandes qualités.
ToiiteCois, le résultat le plus visihle de la résolution prise par Lothaire l'ut (le porter au comble l'irritation de Gunther. S'il s'était compromis, s'il avait été condamné par le pape, c'était pour le service du roi, et, en récompense, Lothaire l'abandonnait, lui enlevait son archevêché ! C'en était trop, une pareille ingratitude méritait qu'on en tirât vengeance. Il commença [)ar enlever du trésor de l'évèché tout ce qui s'y trouvait encore, ne voulant pas que son successeur en profitât. Mais cela ne satisfit pas l'âme ulcérée du métropolitain déposé. Il résolut de retourner à Rome et d'instruire le pape de tous les mensonges que Lothaire et lui avaient inventés dans l'afTaire de Theutberge et de Waldrade. INIit-il son projet à e.xécution'? Les Annales Berliniani ne le disent pas formellement ; d'après les Annales Fuldenses, il serait allé à Rome, mais le pape aurait refusé de le recevoir'. La faveur dont nous le verrons jouir encore auprès de Lothaire prouve que, s'il fit le voyage de Rome, il ne s'y porta pas accusateur de son souverain.
Cependant le roi et les évêques compromis par leur participation au concile de Metz faisaient leur soumission à Nicolas, soumission incomplète et pleine de réticences de la part du roi, fidèle à ses habitudes de dissimulation et de mensonge. Il accepte, dit-il, la déposition canonique des deux métropolitains, encore qu'il ne leur eût pas ordonné de rien dire qui méritât une condamnation semblable. Il n'a pas reçu Gunther, ayant appris qu'il avait célébré la messe contrairement aux ordres du pape, il lui a fait remettre les lettres pontificales adressées aux évèques. Vient ensuite l'éloge de Theutgaud, qui s'est humblement soumis. En ce qui concerne Engeltrude, Lothaire décline toute responsabilité : quand il eut appris qu'elle avait été excommuniée, il enjoignit à Gunther, dans le diocèse de qui elle se trouvait, d'exercer son ministère à l'égard de la coupable, et il était d'avis qu'il fallait l'expulser du royaume. Les légats pontificaux ont ensuite examiné l'afTaire d'Engeltrude, et Lothaire déclare ignorer ce qu'ils ont décidé. Prenant la défense des évêques sulFragants de Trêves et de Cologne, il proteste qu'ils ne sont ni les complices des métropolitains condanmés par le pape, ni des fauteurs de vices : ils respectent au contraire les décrets pontificaux
I. D'après Gkrœfikr, t. I, p. 870, Lothaire, se croyant trahi par Louis, aurait espéré par l'ciitrcinise (h; Huf}iic'S, partisan déclaré de Charles le (Ihaiive, se réconcilier avec ce derniei'. Il ajoute un peu j)lus loin, p. 3<j0, que la lettre d'Adveuce au roi de France, le priant d'intervenir aupri's du pape, est la preuve du rapprochement de ce jiriuce avec son neveu. Kalckstki.n, op. laud., j). /(S, a réfuté les hy])othèses hasardées de (ikiukiikk.
HounoEOis, en uu'utiunnaut {Hugues l'Abhè, p. (j8) la donation de C.oloijne à Huijues appelle cet archevêché un îles siéijes les plus iuiporlants de V Alleiiuujne!
a. Ann. fier/. HCïff, p. 71.