‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 249 sur 764 · Mansi, t. XV, col · texte numérisé non relu

Mansi, t. XV, col

4. Gfrœrer, nous l'avons vu, conclut de cette lettre qu'un rapprochement s'était opéré entre Lothaire et Charles le Chauve ; car sans cela, dit-il, Advence n'aurait pas osé invoquer l'appui du roi de France, ou, s'il l'avait l'ait, son maître l'aurait puni de celte démarche, ce qui n'arriva pas. — Il est probable que l'évêque de Metz ne mit pas Lothaire au courant de ce qu'il avait fait.

5. Voir la lettre de Nicolas à Francon, J. E. 2767, Migne, t. CXIX, coll. 885-887. D'après les Annales Lobienses 870 {SS., t, XIII, p. 282), Francon aurait envoyé à Home, pour justiQer sa conduite dans l'airaire du divorce, Béricon, clerc de l'église de Lièye, et Thietère, moine de Lobbes. En outre, il aurait fait demander an pape de consacrer évoques Béricon et Thietère, pour qu'ils pussent le suppléer; il ne pouvait plus en effet remplir son ministère, ayant porté les armes contre les Normands. — Francon a, il est vrai, combattu les pirates du Nord, mais ce n'est que beaucoup plus tard, en 881-882 par exemple. Les Annales Lobienses ont donc réuni à tort deu.x choses différentes et séparées par un long intervalle de temps.

256 LE RKGNK DE LOTHAIRE II (Srw-Sficj).

Los renseignements nous niancjuent sur la mission de Ratold, et nous ne savons «(uel accueil lui lit le Souverain Ponlire. Il est probable (jne ce dernier répondit ii la lettre de Lotliaire, mais cette réponse est perdue. Par contre, celles (pi'il adressa aux évèques Advence et Francon nous sont parvenues. Le j)ape pardonne aux deux pi-élats, tout en leur reprochant, non d'avoir voulu le mal, mais de l'avoir laissé faire. On doit obéir au roi, à la condition cependant que ses ordres soient justes, être soumis au métropolitain, mais tout en sauvegardant les droits du pape. Celui-ci invite Advence, et plus particulièrement Francon, à user de leur influence sur Lothaire, pour le décider à quitter sa concubine et k reprendre sa femme légitime. Nicolas déclarait aux deux prélats que leur soumission lui avait été d'autant plus agréaljle, qu'il l'attendait moins '. Le repentir que témoigne Advence lui vaut son pardon, qu'il aurait d'ailleurs obtenu, puisqu'il est à l'article de la mort^. Nous savons en outre par les Annales d'Hincmar que tous les autres évèques lorrains compromis dans l'aflaire du divorce bénéficièrent de l'indulgence du pape 5. Si Nicolas, fidèle k sa promesse, se montrait miséricordieux k l'égard des complices de Gunther et de Theutgaud qui avaient fait amende honorable, par contre il maintenait la sentence de déposition qu'il avait prononcée contre les deux métropolitains ; sa décision fut notifiée aux archevêques et évèques des Gaules, de la Belgique et des Germanies4. H est k remarquer pourtant que dans ses lettres k Advence et k Francon, Nicolas laissait entrevoir qu'il réservait k Theutgaud un traitement plus favorable qu'k son collègue, qui s'était opiniâtre dans sa rébellion >.

Toutefois, ce n'était pas lui qui devait prononcer en dernier ressort sur cette affaire, non plus que sur deux autres de même importance. Peutêtre Nicolas, sans vouloir en faire l'aveu, jugeait-il que la déposition de Gunther et de Theutgaud était quelque peu irrégulière ; il convenait donc

1. J. E. 2767 el 2768 (MiGNE, t. CXIX, coll. 885-88c)). La surprise qu'a causée au pape la soumission d'Adveiice et de Francon prouve que tous deux étaient parmi les plus compromis dans l'afTaire du divorce.

2. J. E. 2768, MiGNE, t. CXIX, col. 887. Tout agonisant qu'il était, Advence devait vivre encore onze années. C'est seulement en 870 qu'il mourut.

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