‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 248 sur 764 · CHARLES LE CHAUVE INTERCÈDE POUR ADVENCE (8G · texte numérisé non relu

CHARLES LE CHAUVE INTERCÈDE POUR ADVENCE (8G

calmer la colère de Nicolas, l'évêque de Metz jugea prudent de recourir aux bons offices d'un puissant intercesseur, qui n'était autre que Charles le Chauve lui-même, l'ennemi de Lothaire. Le roi de France, k qui Advence avait député un des sujets de ce prince % le moine Betton, lui rendit le service qu'il demandait. Nous avons la lettre que Charles adressa au Souverain Pontife, pour le prier d'être indulgent k l'égard d'Advence ; il invoquait l'illustration passée du siège de Metz et le repentir du prélat, qui n'avait péché que par imprudence ^. Pour justifier son intervention en faveur de l'auteur du Libellas apologeticus, Charles le Chauve déclarait qu'il voyait en lui un ami et un fidèle ; Advence en effet avait été élevé dans l'intimité de Drogon, son prédécesseur, oncle du roi de France 5. Malgré cette explication, la démarche d'Advence auprès de Charles, et le bon accueil qu'elle reçoit de ce prince paraissent bien suspects ; et quand on songe que Charles était alors l'ennemi de son neveu, quand on se reporte au rôle joué en 869 par l'évêque de Metz, k la part qu'il prit au couronnement de Chaides le Chauve comme roi de Lorraine, on est tenté de se demander si, du vivant même de Lothaire, Advence n'entretenait pas des intelligences avec le roi de France, s'il ne jouait pas en quelque sorte le rôle d'agent provocateur. Même en écartant cette hypothèse, la conduite d'Advence était coupable, tout au moins imprudente 4. Il devenait l'obligé de Charles, tombait sous la dépendance d'un prince qui était l'adversaire de Lothaire, et qui pouvait k un moment donné réclamer d'Advence, en retour de son intercession auprès de Nicolas, des services contraires k la fidélité que le prélat devait k son maître. Si nous ne sommes pas certain de la trahison d'Advence, nous devons voir en lui un intrigant dépourvu de scrupules, qui cherche k avoir un pied dans tous les camps, et qui change de parti et d'opinion au gré de ses intérêts.

Nous n'avons pas la lettre de Francon, évêque de Liège, au Souverain Pontife, mais la réponse de Nicolas, qui nous a été conservée, permet de croire que Francon disait k peu près les mêmes choses que son collègue >.

1. Karoli Epistola ad Nicolnam (Mansi, t. XV, col. 371). Ce Betton serait-il l'abbé de Gorze, dont nous avons parlé plus haut ?

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