‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 251 sur 764 · NICOLAS CONVOQUE UN CONCILE GENERAL · texte numérisé non relu

NICOLAS CONVOQUE UN CONCILE GENERAL

de la faîre confirmer par un concile général. Il y avait justement deux autres questions très graves, dont l'une était étroitement liée à celle des métropolitains, auxquelles il fallait apporter une solution sans plus tarder, vu le trouble et le scandale qu'elles avaient provoqués dans l'Eglise et dans la société laïque : nous avons nommé l'affaire du divorce de Lothaire II et celle du patriarcat de Constantinople. L'une et l'autre seraient également soumises à l'examen du concile ', qui de cette façon n'aurait pas l'air d'être réuni uniquement pour s'occuper de Gunther et de Tlieutgaud. Nicolas espérait sans aucun doute que le concile suivrait docilement ses avis et se contenterait d'enregistrer ses propres décisions. Nous savons par une lettre écrite à Rodolphe, archevêque de Bourges, que le concile devait se réunir à Rome le i" novembre 864^, mais nous ne pouvons pas dire quelle devait en être exactement la composition. Toutefois, en rapprochant des instructions que le pape avait envoyées à Rodolphe les ordres qu'il donna plus tard en vue du concile qu'il voulait réunir en mai 865, on est amené à croire qu'il avait enjoint à tous les métropolitains de l'empire franc de venir eux-mêmes à l'assemblée de novembre 864, ou de s'y faire représenter par deux de leurs suffragants.

Les évêques ne pouvaient aller au concile sans l'autorisation de leurs souverains. 11 est vraisemblable que ceux-ci s'émurent des projets de Nicolas. La déposition de Gunther et de Theutgaud avait déjà été de la part du pape un empiétement sur les droits des rois et des métropolitains. Cette fois il se proposait de juger un souverain : c'était la subordination de l'Etat à l'Eglise. Une telle prétention ne pouvait être favorablement accueillie ni par Lothaire, ni par Louis II, ni par Louis le Germanique, ni même par Charles le Chauve. Ils ne répondirent pas au pape qu'il outrepassait la limite de ses prérogatives, mais ils firent en sorte, sans peut-être qu'il y ait eu entre eux entente préalable, de faire échouer le concile, en n'y envoyant pas leurs évêques 3. Il semble pourtant qu'un concile se soit réuni à Rome, en novembre 864; niais, composé uniquement de prélats italiens, il n'avait plus le caractère d'un concile général, et n'était pas compétent pour connaître de l'affaire de Lothaire. Radoald, le légat qui à deux reprises avait trahi la confiance du pape, fut déposé et excommunié 4. Gunther et Theutgaud, qu'ils eussent été ou non convoqués, s'étaient rendus à Rome, mais le concile n'examina pas leur affaire. Le pape refusa de modifier la sentence dont ils les avait frappés, et peut-être même de les voir 5.

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