‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 252 sur 764 · Ann. Bert. 864, P · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 864, P

2. J. E. 2764, MiGNE, t. CXIX, col. 883. La deuxième lettre d'Advence au pape, nous le démontrerons plus loin, se rapporte, non à ce concile, mais à un autre qui devait se tenir en mai.

3. Voir les réflexions de Hauck, KG. D., t. II, p. 5ii, et de Dûmmler, t. II, p. 100.

4- J- E. 2821, MiG.NE, t. CXIX, coll. 856-857. Voir Jaffé-Ewald, Reg. pont, votn., t. I, p. 355, et Dûmmler, t. II, p. loi et n. i.

5. Ann. Bert. 864, P- 74 ; Ann. Fuld. 864, p. 63. L'Appendix des Annales Fuldenses (^ibid.) est seul à mentionner la réception de Gunther par. le pape.

258 LE RKG.NE DE LOTHAIRE II (SSS-SGtj).

Pourtant, ils ne se découragèrent pas, et ils cherchèrent îi tirer parti (le la l)ienveillance (jue leur iiiontraicnt alors l'empereur et l'inipéralrice, ainsi que des bonnes dispositions dont étaient animés k leur endroit les èvêques de Lombardie. Louis II sollicita probablement le pape en faveur des métropolitains déposés ; il fît en outre intervenir son clerçjé. En février 805 il se tint sur son ordi-e à Pavie un concile, autpiel prirent part des prélats italiens et provenraux, au nombre desquels Tadon de Milan, Roland d'Arles et Arpennus d'Embrun, (junther se présenta devant ce concile, dont il implora l'appui en pleurant. 11 était venu de Rome, prétendait-il, avec la permission et sur le conseil du pape, qui voulait lui témoigner sa bienveillance ainsi qu'à Theutgaud. Le concile décida d'intervenir en faveur des deux prélats condamnés, et il écrivit au pape pour le prier de leur pardonner'.

Non content de l'intercession de Louis II, des évèques italiens et provençaux, Gunther essaya d'intéresser k sa cause les prélats français et allemands. Il écrivit à Hincmar, son ancien ennemi, pour lui demander de s'employer avec ses collègues k sa restauration ; le pape, ajoutait-il, était disposé k révoquer la sentence dont il avait frappé les archevêques de Trêves et de Cologne ^.

Si Gunther avait changé de ton, si son ancienne arrogance était tombée, pour faire place k une humilité rendue nécessaire par les circonstances, il n'avait pas renoncé k ses habitudes de mensonge. Ses allégations au concile et k Hincmar sur les sentiments de Nicolas k son égard n'avaient pas le moindre fondement, comme le prouve une lettre du pape k l'archevêque Adon de Vienne. Celui-ci avait demandé k Nicolas s'il était vrai qu'il fût disposé k réintégrer Gunther et Theutgaud dans leur dignité ; le pape répondit qu'il n'y songeait pas 3. C'étaient évidemment les lettres et les discoui\s de Gunther qui avaient propagé ce bruit.

Louis II était donc revenu k des sentiments favorables vis-k-vis des deux métropolitains, dont il avait un an auparavant renoncé k défendre la

1. Voir les actes de ce concile et la lettre synodale à Nicolas dans Mansi, t. XV, coll. 769 et suiv., et dans Hartzhkim, Concilia Gennuni.v, t. II, pp. 327 et suiv. Hekelk, op. laud., t. IV, p. 3o6, a mis en doute l'authencité des actes qui nous sont parvenus, mais c'est parce (ju'il y joint un discours, ijui en réalité a été prononcé dans un synode tenu à Rome en 8(59. Dummlku, t. II, p. 139 et n. a, a réfuté l'opinion de Hekele ; il place en carême 80.') la réunion du concile (jui aurait coïncidé avec une assemblée générale présidée par l'empereur. Muhlbacheh, Reg. Kar., p. ltî)6, partage l'avis de Du.mmlek. Le capitulaire édicté par Louis II à ce moment est du 4 février (B. M. 119.^).

2. Voir cette lettre dans Hahtzhkim, op. laud., t. II, p. 332. A la suite de celle-ci vient une note adressée à un destinataire inconnu, (jue Gunther invite à faire prendre des copies du cahier (ju'il lui envoie (il s'agit prohableinent des actes et de la lettre au pape du concile de Pavie). Des exemplaires devaient en i^tre adressés à Liutbert, «rchevèi|tu« de Mayence, aux autres évé([ues, ainsi iiu'à Willibert (le futur archevéciue) et à d'autres clercs de l'église de (Pologne, ('.eux-ci feront exécuter de nouvelles co|)ies (Hahtzhkim, op. laud., t. II, p. 333; Hautziieim dit à tort, p. 33a, que la noie est adressée à Willibert). Le clergé de Cologne écrivit i\ Adon en faveur de Oimther (IIucuks de Fiavus-ny, (Jhronicon, liv. I, 6'S., t. VIII, p. 3r)/,). IIiKiUKs parle aussi de lettres écrites dans le même sens à l'archevèipic de Vienne, ainsi qu'au pape par IVeuii, arclicvèiiue de Lyon.

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