Se reporter aux pages 171, 181 et lyi
202 LE RKGNR DR LOTHAIRF. II (Sr.n-Sr»)).
tout d'abord, à l'oxoniph' de son père et de son frère, retiré dans les Etats de Lothaire 11. 11 aurait accoiiijtacjné ce prince îi l'entrevue d'Orbe, et l'empereur ainsi que son frère seraient tombés d'accord pour confier à leur cousin la mission difficile de traquer Hubert et de le tuer. Conrad reçut donc le gouvernement de la région comprise entre le Jura et les Alpes', qui avait constitué autrefois le duché confié h Hubert. Celui-ci se partageait entre la France et la Bourgogne ; il s'agissait de le saisir au moment où il entrerait dans ce dernier pays, ou lorsqu'il en sortirait, et avant qu'il put se réfugier soit dans la montagne, soit dans le royaume de Charles le Chauve. Ce fut certainement dans ces conditions, k son arrivée, ou à son départ, qu'Hubert rencontra Conrad près du castrum d'Orbe^. Un combat s'engagea, Hubert y trouva la mort.
Si Louis II put être content de voir disparaître un ennemi qui usurpait une partie de son domaine, la joie de Lothaire dut être encore plus vive ; il était enfin délivré de l'homme néfaste qui avait empoisonné son existence, en lui faisant épouser sa sœur. Malheureusement Theutberge, qui avait suivi Hubert en Bourgogne, qui peut-être se trouvait avec lui au moment où il fut tué, trouva le moyen de s'échapper et de regagner les Etats de Charles le Chauve 3. Ce prince lui donna l'abbaye d'Avenay au diocèse de Reims pour sa subsistance-*. La fin d'Hubert ne terminait rien, celle de sa sœUr eût tout simplifié. Conrad, l'heureux vainqueur d'Hubert, reçut une partie des dépouilles du défunt, en particulier l'abbaye Saint-Maurice'. Son fils Rodolphe devait lui succéder à la fois comme abbé laïc
1. C'est FoLcuix, Gesta abbntarn Lobiensiiim, ch. la {SS., t. IV, p. 6o), qui qualifie Conrad de « Raeticariim vel .lurensiiun partium dux ». Mais ce témoignage est indirectement confirmé par d'autres sources. D'une part, les Anri. Bert. 804, p. 7A, ilisent qu'Hubert fut tué par des fidèles de l'empereur ; d'autre part, Rkginon, Chronicon 80G, p. 91, nomme expressément Conrad comme le meurtrier du frère de Theutberge, et les Ann. Xant. 800 attribuent la mort de ce dernier aux fils de Conrad, frère de l'impératrice Judith. Enfin Andhk dk Bergame, Hisforia, ch. g (SS. RR. LL., pp. 226-227), dit formellement que l'empereur envoya contre Hubert Conrad avec quehjues autres de ses fidèles. On ne peut donc conserver à cet égard aucun doute : Conrad le Jeune était au service de Louis H.
Gii\GiNS-LA-S.\RR\, qui croit (pie Lothaire garda en son pouvoir la Bourgogne Transjurane juscpi'à sa mort (voir ci-dessus, ]t. i3A, n. 5), fait diriger par ce prince l'expédition dont Conrad était le chef (Méiiiuires, etc., t. I, pp. 32-33).
2. Voir les textes relatifs au combat d'Orbe à la note précédente; c'est la date indiquée par les Ann. Bert. (jui est la bonne. D'après les Gesta ahbdtum Lobiensiiiin, Hubert aurait eu la langue traversée d'un coup de lance, et l'auteur croit que c'est en punition des blasphèmes ([u'elle avait proférés. Gingins-la-Sauua, op. liituL, t. H, p. 6, place la mort d'Hubert entre le 17 janvier et le 24 novembre 8O7, s'appuyant sur deux diplômes rendus par Lothaire à ces deux dates en faveur de Theutberge. Dans le second, le roi confirme la donation pour Uuiuelle le premier avait été ilressé, et il y ajoute les biens qui avaient appartenu à Hubert; cela fait supposer, dit Gi.ngi.ns, cpie ce dernier était mort dans l'intervalle ([ui sépare les deux actes. — -Mais, le témoignage d'Hincmar est trop formel, pour cpi'on puisse le mettre en doute. Kn outre, aucun des deux iliplomes u'ajipartieiit à l'aïuiéc 8(i7 ; l'un est de 8(»0, l'autre de 808 (U. M. 127/1 et ia84).