I. Voir ci-ilcssns
a. lIiMiMviii Kinstiila ad Nicoldtun, Mignk, t. CXXVI, roi. /ji.
■3. (l'est l'avis (!<' Sciirikhs, <)/'• lautl., p. -ui-A, t-t île Dummi.ku, l. Il, pp. So8i.
LIUTBERT INVITE SON MAITRE A s'eNTENDRE AVEC CHARLES (864). 267
travaillé à entretenir chez Louis le Germanique des sentiments d'hostilité à l'égard du roi de France, le persécuteur et le spoliateur de ses neveux, les fils de Pépin I'^'' d'Aquitaine. Liutbert n'avait aucun motif personnel d'en vouloir à Charles le Chauve ; préoccupé des intérêts de la religion et de la morale, désireux de mettre fin au scandale que provoquait la conduite de Lothaire, et en même temps de ne pas laisser le pape poursuivre ses empiétements, l'archevêque de Mayence invita son souverain, par une lettre que nous possédons, à s'entendre avec son frère, Charles le Chauve, pour venir en aide à Nicolas, menacé par ceux-là mêmes qui devaient conduire et guider les peuples. Il fallait que les deux rois convoquassent les évêques de leurs royaumes à un concile général, qui aurait pour mission de rétablir dans l'Eglise la paix et la concorde ^
Louis ne se décida pas encore a prendre ce parti. Pourtant il envoya au concile que Charles le Chauve avait réuni à Pitres, en juin 864, Liutbert lui-même et Altfrid, évêque d'Hildesheim^. C'était un pas de fait dans la voie du rétablissement de l'entente. D'un autre côté, Louis députait au pape Salomon, évêque de Constance, qui devait justifier son souverain de l'attitude qu'il avait prise vis-à-vis de Lothaire? et prier en même temps Nicolas de confirmer la réunion de Brème et de Hambourg 4. Gunther avait fini par consentir à la chose, mais il était déposé et son approbation n'avait plus de valeur ; Louis jugea plus sûr de réclamer celle du pape. Celui-ci la donna sans difficulté 5, mais, peu satisfait de la complaisance que le roi de Germanie avait témoignée à son neveu, il lui écrivit une lettre de reproches : Louis aurait pu empêcher le mal, et le pouvait encore ; il avait le devoir de reprendre Lothaire, de le retirer de la voie mauvaise où il s'était engagé^.
Il ne nous est pas possible de dire si Louis suivit les conseils de Nicolas. Pas plus que Charles le Chauve, il n'envoya d'évêques au concile que le pape avait convoqué à Rome pour le i^ novembre. Peut-être, avant de prendre ce parti, les deux frères se concertèrent-ils. Cependant le temps se passait, et la situation ne changeait pas, Lothaire s'obstinant à conserver Waldrade, et le pape étant de son côté fermement résolu à
1. Voir cette lettre dans Jaffé, Bibl. RR. GG., t. III, pp. 326-828. Consulter Dl-mmler, t. II, p. 80, n. 4.
2. On trouve la signature des deux prélats au bas de la charte du concile de Pitres pour l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre (Quanïin, Cartalaire de l'Yonne, t. I, n" 45).
3. On peut le supposer par les termes de la lettre que le pape écrivit au roi de Germanie (J. E. 2768, MiGNE, t. GXIX, coll. 873-874).