‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 259 sur 764 · Voir ci-dessus, pp. 218 et · texte numérisé non relu

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Theutgaïul dut eflVayer Charles le Chauve, en lui montrant quel homme était le Souverain Pontife : Charles aurait voulu le faire servir à ses desseins, mais il devenait évident (|ue Nicolas ne se laisserait pas mener. L'évocation h Rome de l'aflaire de Rothade, la convocation d'un concile général, chargé d'examiner plusieurs questions de la plus haute importance, aciievèrent sans doute d'ouvrir les yeux au roi de France : le pape avait une politique personnelle, cherchait à étendre son pouvoir, à se placer au-dessus des rois, a se poser en juge de leurs fautes. Charles se sentait menacé dans ses droits, et il se repentit peut-être d'avoir, dans une certaine mesure, provo([ué l'intervention du pape, en se faisant l'avocat de Theutberge. Mieux aurait valu que cette affaire du divorce fût réglée dans une assemblée des rois et tles grands de l'empire franc, comme il l'avait demandé à Savonnières. Mais le concours de Louis le Germanique était nécessaire, et bien que ce prince eût sur le moment souscrit aux projets de son frère, il était au fond peu disposé à les laisser se réaliser. 11 n'avait pas cessé d'être l'allié de Lothaire, comme le prouve l'envoi a Charles le Chauve de Gebhard, évèque de Spire, concurremment avec les ambassadeurs de ses neveux'. Cette démarche collective des trois princes, destinée à sonder les intentions du roi de France, indique clairement qu'ils marchaient d'accord. Dans de telles conditions, Charles était réduit k l'impuissance. Il s'agissait donc pour lui de détacher Louis le Germanique de Lothaire.

Vers la fin de 863, Charles envoya à son frère Rodolphe-, oncle maternel du premier de ces princes et beau-frère du second, qui avait épousé sa sœur Emma. Nous ne savons de quelle mission Rodolphe était chargé, mais il est vraisemblable qu'il devait négocier un accommodement entre les deux souverains, auxquels l'unissaient d'étroits liens de parenté. Louis cependant ne se rapprocha pas tout de suite de son frère. Nous avons vu que Gunther et Theutgaud, dans leur lettre aux évêques lorrains, recommandaient à ceux-ci de travailler au maintien de l'alliance entre ce prince et son neveu. Louis et le haut clergé allemand paraissent avoir été plutôt défavorables a la déposition des archevêques de Trêves et de Cologne : l'archichapelain du roi, Grimoald, était frère de Theutgaud ; de plus, la question touchait directement Louis, la partie orientale des diocèses de Cologne et de Trêves et quatre évéchés sutï'ragànts de Cologne faisant partie de ses Etats. Pourtant, ce prince et ses évêques ne firent sur le moment aucune tentative en faveur des deux métropolitains. Si le roi de Germanie, quoique lésé par la sentence pontificale qui frappait (îunther et Theutgaud, ne protesta pas contre elle, la cause en est peut-être à chercher dans les conseils du nouvel archevêque de Mayence, Liutbert, élevé le 3o novembre 863 sur le siège de saint Boniface 5. Son prédécesseur, Charles d'Aquitaine, aurait plutôt

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