J. E. 2758, Migne, t. GXIX, coll
'-i(>8 LE RKG.NE DR LOTliAIRE 11 (SâS-SGrj).
\a lui faire quitter". Le bruit que Nicolas se disposait k excommunier J^othaire parvint en Ailenwigne et en France; c'est même par ces deux pays qu'ils arrivèrent en Lorraine. Avec le caractère que l'on connaissait k Nicolas, la nouvelle n'avait rien d'Invraisemblable. La déposition des deux métropolitains était déjà un fait grave ; mais combien plus encore l'excommunication d'un souverain! Oueile atteinte au prestige, à' l'autorité des rois! Ni Louis le Germanique, ni Charles le (Chauve, tout hostile qu'il était k Lothaire, ne pouvaient voir avec indlirérence le pape s'arroger un pouvoir aussi exorbitant. Pour l'empêcher d'excommunier Lothaire, il fallait faire disparaître la cause qui provoquait son inter-. vention : que Lothaire se séparât de Waldrade, reprît Theutberge, et Nicolas n'avait plus aucune raison d'agir contre lui. Puisque leur neveu ne voulait pas donner satisfaction au pape, Louis et Charles l'y contraindraient. Tel fut le raisonnement que les deux princes se firent chacun de leur côté ^.
Louis, se rendant enfin aux conseils de Liutbert, et cédant à la nécessité des circonstances, se décida à se rapprocher franchement de son frère, et lui fit demander une entrevue. Les Annales Berfinianii ne disent pas que l'initiative soit venue de Louis le Germanique, mais nous l'admettons parce que c'est ce prince qui va trouver Charles et que c'est Charles qui donne à son frère l'hospitalité. Ce n'était pourtant pas dans les Etats de Charles qu'avait lieu la réunion : Tusey, où les deux souverains se rencontrèrent, faisait partie du royaume de Lothaire-*. Il est même assez singulier de voir Louis et Charles venir s'installer chez leur neveu, pour s'occuper de ses affaires et lui adresser des remontrances. Nous ignorons si Lothaire avait été invité au congrès, mais il fut au moins informé qu'il aurait lieu, puisque, sans y venir en personne, il y envoya ses représentants >'. C'est dans le courant de février i[ue Louis et Charles tinrent leur conférence ; le 19 eut lieu la proclamation des arti-
1. C'est ce que témoigne en parliciilicr la lettre à Louis le Germanique, J. E. 3708, MiGNE, t. GXIX, col. 874.
2. Ce sont les affaires de Lorraine et l'intlucnce de Liutbert qui , d'après Schuoîhs, p. 282, amènent le rapprochement de Louis le Germani(pie et de Charles le Chauve. Pour Haui.k, A'ti. /)., t. II, p. 5i2, si les deux rois s'entendent, s'ils cherchent à exiijer la soumission de Lothaire, c'est pour empè 'lier im nouvel empiétement du pape. Dummi.kh, t. II, p. III, attribue à l'intérêt la réconciliation de Louis avec son frère. Louis comprend que le pape ne cédera ])as, (pie Lothaire n'aura pas d'héritier léijitime, et en conséquence il tient à ce ([ue Charles lui (jarantisse à l'avance une part de la succession de leur neveu. Cette dernière hypothèse ne nous parait quère vraisemblable.
3. Ann. liei't.SCt^, p. 74. — Dummleu, t. II, p. ni, croit aussi ipie Louis a l'ail les premiers pas.
/(. Aucun document n'indicpie le [xiç/iis dont Tusey faisait partie. Spixunkk-Mknkk, Jlixt. Ildiultitlds, n" ',\h, et LoNC.NON, Atlas historit/uc, carte VIII, |ilacent celte localité dans le p. Dedensis (le Hlois), situé entre la Meuse et l'Ornain. Ce /xii/iis n'est pas mentionné par le traité de Meerssen, mais les /><i(/i llarre/isis, (><l(>r/ifn.siii, Solorensis, qui lK)riiaienl le livdi'nsis A l'est, appartenant i\ Li>thaire, il en était de même du ltli)is, (|iii se rattachait sans doute f\ une des circonscriiilions voisines.
T). J'iictuin ttisidcritii-, ch. 7, CC, t II, |t. i()7. Advence, i\ qui Louis et Cliarles remirent à Tusey une lettre du p:q>e, était probablement un des envoyés de Lothaire.