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5. Voir cette lettre, J. E. 2788, dans Migne, t. CXIX, coll. 921-926. — Odon, nous l'avons vu, était porteur de lettres pontificales adressées à Lotiiaire, à son épiscopat ainsi qu'à Hilduin lui-même. Elles ne produisirent aucun effet. Fort de l'appui du pape, Hinc-
27^^ l'E UKCJNr. I)i: LOTIIAIUK II (855-8(kj).
11 sfiiiMciait, à lire cette dcrnifeve recoiiiinaadatioii, (|iu; le [)a[)e n'eût pas une CDiiliaiu'e absolue en son légat. En outre, il invitait Louis et Charles ii lui rendre compte des résultats obtenus par Arsène '. Il se rappelait sans doute ce qui s'était passé en 863 : le vol des lettres qu'apportaient Kadoald et Jean, la corruption par Lothalre des deux légats, la transgression de ses ordres, et il désirait prévenir, autant que possible, le retour de pareils faits.
Si Nicolas, dans cette lettre, ne détournait pas les deux rois d'attaquer leurs neveux, c'est qu'il s'était auparavant acquitté de ce devoir. Les lettres où il traitait cette question avaient été emportées par Arsène, ainsi que celles relatives soit à Rothacle, soit h l'afTaire de Lothaire. En outre, le légat avait probablement reçu des instructions précises, qui lui indiquaient ce qu'il y avait ;i l'aire, soit pour ramener la concorde entre les princes francs, soit pour assurer la soumission complète, efTective de Lothaire aux ordres du pape^. Arsène devait ne pas se contenter de promesses vagues d'obéissance, mais ramener Theutberge à son mari, exiger de celui-ci le serment de la bien traiter, s'entourer d'autres garanties encore, la parole de Lothaire ne méritant aucune confiance, se faire enfin livrer Waldrade et l'emmener avec lui. Avait-il à s'occuper en outre des sièges vacants? C'est probable, mais nous ne sommes pas en mesure de l'affirmer.
Le mémoire contenant les instructions du pape n'existe plus, tandis que nous avons quelques-unes des lettres adressées aux rois francs ou à leurs évêques. Dans les premières, le pape, prenant en main la défense des intérêts de l'empereur et de son frère, invitait Louis le Germanique et Charles le Chauve k se contenter de leurs Etats et à ne pas chercher à prendre ceux des autres, particulièrement ceux de l'empereur Louis, leur neveu, qu'il les eût hérités de son père ou de son frère 3. De plus, Nicolas écrivait aux évêques des deux princes pour leur recommander de prêcher à leurs maîtres la modération et le respect des traités 4, Les lettres où il est question de Rothade n'ont aucun rapport avec le sujet qui nous occupe ; aussi n'en dirons-nous rien 5.
Deux lettres au moins étaient adressées à Lothaire. Dans l'une d'elles,
inar revint à la chanje auprès do Lolliaire, mais celui-ci lui répondit ({u'HiicIuin avait envoyé un messager à Rome, et que les choses resteraient en l'état, tant que la réponse de Nicolas ne serait pas arrivée. Voilà ce que nous apprend l'archevêque de Reims dans une lettre écrite au Souverain Pontife en 8G4 (INIigxk, t. CXXV^I, col. aô). L'allégation du roi était-elle exacte ? Nous n'en répondrions pas. Dans tous les cas, le pape ne put que signifier à l'envoyé d'Hilduin ce qu'il avait précédemment écrit A ce dernier. ÎMahjrc ses ordres, le frère de Gunther resta en possession du sii-cje ((u'il avait usurpé.