RÉGINON, Chronicon 866, p
4. Arsenii Ep"", Mansi, t. XV, col. 827 ; Réginon, Chronicon 866, pp. 84-85. A lire la lettre du légat, il semblerait que Boson fut mort au moment où elle a été écrite, On y parle en effet des méfaits d' « Jngeltrudis quoiidam Bosonis comitis mulier ». n Quoiidam » a d'habitude le sens de défunt, et c'est ainsi qu'il faut le traduire dans le passage suivant de la même lettre ; c'est le serment prêté au légat par Engeltrude : « Ego Ingèltrudis, filia quondam Mattefredi comitis, quae fui uxor Bosonis, etc. ». Boson n'était pourtant pas mort, comme semble l'indiquer encore ce « fui », car Nicolas, dans une lettre du 7 mars 867 adressée à Louis le Germanique, parle du mari d'Engeltrude comme vivant toujours; il voulait même prendre une autre femme (J. E. 2874, Migne, t. CXIX, col. ii5i).
5. Ann. Bert. 865, p. 78, Ann. Fuld. 865, p. 64 ; Réginon, Chronicon 866, p. 84 ; Ann. Xant. 866, SS., t. II, pp. 231-282.
6. Ann. Bert. 865, p. 78. Mûhlbacher, Reg. Kar., pp. 457 et 496, et Dûmmler, t. II, p. 186, croient que l'entrevue de l'empereur et de son frère eut réellement lieu. Les diplômes rendus à cette époque par les deux princes sont tous perdus.
282 LE RÈGNE DE LOTHAIUE II (85y-8Gr)).
Arsène ne repassa pas tout Je suite les Alpes. Il ne semble pas avoir assisté à l'iMilreviie qui se tint a ('ologne au mois d'octobre '. Lothaire n'y vint |)as non plus, nous ijjnorons poiu' ([uels motifs- ; il s'était réconcilié avec celui de ses deux oncles ([u'il redoutait le plus, cela lui sulTisait. Il ne send)le pas que l'on se soit occupé de Lothaire à ce congrès, qui se tenait, remarquons-le, dans ses Etats; en tout cas, les dispositions du traité qui ("ut conclu entre les rois de France et de Germanie ne purent avoir qu'un caractère pacificjue 3, Arsène, s'il n'était pas venu à Cologne, se trouvait cependant encore en Allemagne, car il se rencontra à Worms avec Louis le (îermanique, qui se rendit dans cette ville après le congrès*. A Worms, Engeltrude se livra entre les mains du légat, qui prit alors le chemin de l'Italie >.
Il ne paraît pas être retourné dans le royaume de Lothaire depuis le moment où il avait quitté Gondreville. Sa mission était accomplie, au moins la partie la plus inqjortante, puisque Lothaire était réuni à Theutberge, réconcilié avec Charles le Chauve, et qu'il avait livré Waldrade au légat. Mais il y avait d'autres questions encore à régler en Lorraine : les trois sièges de Cologne, de Trêves et de Cambrai étaient toujours vacants. Nicolas, répondant aux rois d'Allemagne et de France, leur disait que l'on devait élire un archevêque à Cologne et un évêque à Cambrai^. Il ne parlait pas de Trêves, ce qui donnerait à penser que, s'il jugeait irrévocable la sentence portée contre Gunther, il était disposé à revenir sur celle dont il avait frappé Theutgaud. Arsène avait probablement reçu des instructions conçues dans le même sens, relativement à ces deux diocèses de Cologne et de Cambrai. Pourquoi ne les suivit-il pas ? Comment ne profita-t-il pas de sa présence en Lorraine pour faire procéder à l'élection régulière d'un archevêque à Cologne, d'un évêque à Cambrai? La chose est d'autant plus surprenante que, si Lothaire était peut-être peu disposé à subir cette nouvelle exigence du pape, par contre Louis le Germanique et Charles le Chauve étaient intéressés, nous avons
1. X^'Appendijc dos Ann. Fuld. à 8G5, p. 04, mentionne la présence d'Arsène à Cologne, les Ann. Bert. n'en disent rien. Noorden, Hinkniar, p. 209, croit que le légat est venu à l'entrevue, tandis que Dûmmler, t. 11, p. i35, n. 2, en doute beaucoup. Les Aiuiaies a'indiipient pas en (juel mois se tint le congrès, mais ce doit être dans le courant d'octobre, Hiiicmar disant ([ue Charles au retour apprit la prise de Saint-Denis par les Normands, événement (|ui eut lieu le ao octobre. C'est donc à tort que Noorden, ibid., place en juillet la réunion des rois de France et de Germanie.
2. Aucun annaliste ne parle de la venue de Lothaire à Cologne. Noorden, op. luiid., p. 2oy, n. 2, MûiiLBAC.nER, Rcg. Kar., p. l\çf), croient que ce prince ne se rendit pas jX la conférence. Mais le motif ([ue donne Noordk.x de l'absence de Lothaire est inacceptable, il l'attribue à ce <pie le jeune roi n'était pas réconcilié avec ses oncles à la date où ceux-ci .se rencontrèrent. Il croit, il est vrai, que l'événement est du mois de juillet ; comme en réalité l'entrevue eut lieu en octobre, le raisonnement de Noori)e.\ tombe du même coup.
3. Charles le Chauve réconcilia à Cologne Louis le Germanique avec sou second fils, appelé Louis comme son père ; c'est tout ce que nous apprennent sur l'entrevue de Cologne les Ann. Bert. 8().'), ]>. 80.
4. Arsemi Epinlold, M.v.^si, t. XV', col. .'?:!7 ; RÉtiiNON, Chronicoii Sùû, p. 85. .''». .\rs. h'p., col. 327 ; Rkoi.no.n, ihid.