K. 2788, MifiNi:, t. C.\l.\. col. ga
RESULTATS DE LA LEGATION D ARSENE.
déjà expliqué pour quels motifs, à ce que les vacances de Cologne et de Cambrai ne se prolongeassent pas indéfiniment. Pourtant Cologne allait rester sans pasteur jusqu'en 870, ainsi que Trêves. En 866, Cambrai eut enfin un évêque ; il y avait longtemps alors qu'Arsène avait quitté la France et la Lorraine ! C'est le 21 juillet 8G6 que fut consacré évêque de Cambrai un chantre de la chapelle de Lothaire, Jean, qui avait été à l'école du palais ^ Vu le long intervalle de temps qui sépare le départ du légat de l'élection de Jean, on n'a guère le droit de considérer celle-ci comme une conséquence de la mission d'Arsène.
Mais ceci n'était qu'un point secondaire, et le pape avait le droit de se féliciter des résultats qu'avait obtenus son légat ^. Les rois, Louis le Germanique et Charles le Chauve, aussi bien que Lothaire, avaient dû se soumettre aux ordres de Nicolas. Les deux oncles du jeune prince avaient renoncé à le détrôner, si toutefois ils en avaient eu la pensée, et ils avaient fait la paix avec lui. Sans doute, ils se tiendraient désormais pour avertis que le pape ne tolérerait pas d'agression de leur part dirigée contre un de leurs neveux. Charles et Hincmar avaient dû accepter la restauration de Rothade imposée par Nicolas. Lothaire, enfin, avait été contraint de renoncer à Waldrade et de reprendre Theutberge. Le scandale avait pris fin, la cause du bon droit et de la morale l'avait emporté : l'Eglise, dans la personne de son chef, triomphait donc et faisait partout reconnaître son autorité, par les rois comme par les métropolitains. En quelques années de pontificat, Nicolas avait fait faire a la papauté des progrès tels que ses prédécesseurs n'en avaient pas depuis plusieurs siècles accompli de pareils. Les circonstances avaient été favorables à son initiative, mais encore fallait-il qu'il sût les mettre à profit ; un autre, qui n'aurait eu ni son coup d'œil, ni sa décision, ni son énergie, aurait échoué là où il avait réussi.
Les vrais vaincus étaient les souverains et le haut clergé. Le moins atteint était encore Louis le Germanique. Mais l'empereur n'avait pu obliger le pape a restaurer Gunther et Theutgaud, et tout ce qu'il avait obtenu en faveur de son frère, c'était que Nicolas intervînt pour empêcher Louis et Charles de se partager la Lorraine. Charles le Chauve, et Hincmar plus encore que son maître, avaient subi un échec dans l'affaire
1. Ann. Laubi. 866, Gesta epp. Camer., liv. I, ch. 5i {SS., t. IV, p. i4, et t. VII, p. 419). Le jour de la consécration nous est donné par Hincmar dans son Libellas adversus Hincrnaruin Lauflunensein episcopum, ch. 3 (Mig.xe, t. CXXVI, col. 569). La consécration avait d'abord été fixée au 7 juillet, mais Hincmar, de Laon, ne s'étant pas dérangé ni fait représenter, elle fut renvoyée au 2I juillet. Elle eut lieu ce jour-là, malgré l'absence de l'évèque de Laon. Jean assista à de nombreux conciles ; on le trouve à ceux de Soissons (août 806), de Troyes (novembre 867), d'Attigny (juin 870), de Douzy (août-septembre 871), de Ponthion (juin 876 ; Mansi, t. XV, coll. 781 et 706, t. XVI, coll. 860, 674, 677 et 678, ce, t. II, p. 3A9). En 868-869, il fit rédiger le polyptyque de l'abbaye de Lobbes, ipii appartenait au diocèse de Cambrai, mais qui allait être placée sous l'autorité desévcqucs de Liège {Ann. Laubi. 868, Gesta abb. Lob., ch. i3, Gesta epp. Camer., liv. I, ch. 5i, SS., t. IV, pp. i4 et 61, et t. VII, p. 421). Nous aurons d'ailleurs à diverses reprises l'occasion de parler de ce prélat.