‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 285 sur 764 · LE RÈGNE DE LOTHAIRE II · texte numérisé non relu

LE RÈGNE DE LOTHAIRE II

pontificales destinées k ce prince et à ses évoques. Mieux valait ne pas passer par l'intermédiaire suspect de Charles le Chauve, ne rien Taire pour {irovoquer l'intervention d'un souverain ambitieux, qui profiterait d'une circonstance lavorable pour dépouiller son neveu. Lothaire se plaignit de ce procédé et demanda au pape de lui envoyer directement ses lettres ; il avait raison, et on ne peut que l'approuver de l'avoir lait'.

C'est à la fin de janvier 867, le 24 et le 25, que ces lettres avaient été écrites. Un peu plus tard elles furent remises à l'archevêque de Sens, Eiqil, qui était ;i Home depuis plusieurs mois. Le 20 mai seulement Eigil était de retour auprès de Charles le Chauve, qui reçut de ses mains la correspondance pontificale ^. Le roi de France se trouvait alors à Samoussay, sur l'Aisne, en route pour la Lorraine, où il devait se rencontrer avec Louis le Germanique. Déjà, l'année précédente, Lothaire et ses deux oncles avaient décidé de se réunir à Metz le [\ novembre. Louis était alors en lutte avec le second de ses fils, et il semble avoir sollicité l'assistance de son frère et de son neveu. Charles réunit une armée, formée surtout des contingents que lui avaient amenés les évêques, et prit le chemin de la Lorraine. Arrivé à Verdun il trouva une ambassade de Louis qui lui faisait dire qu'il n'avait plus besoin de secours, par suite de la soumission de son fils rebelle ; comme, d'autre part, le règlement de certaines affaires l'appelait en Bavière, il ne pouvait venir au rendez-vous. Charles resta quand même à Verdun, attendant l'arrivée de son neveu. Mais Lothaire se trouvait alors à Trêves avec quelques-uns de ses évêques, s'efforçant d'aiTacher à Theutberge l'aveu de sa culpabilité. Tout occupé de cette affaire, il négligea de se rendre auprès de son oncle ; celui-ci finit donc, après un séjour de trois semaines à Verdun, par quitter le pays, que son armée avait dévasté, et il retourna dans ses États î

Une nouvelle entrevue des deux frères fut jîrojetée pour le printemps <ie 867 ; Metz devait encore en être le théâtre. Quoique la conférence se tînt dans une ville appartenant à Lothaire, ce prince n'y parut pas. Pourquoi cette abstention? Etait-elle volontaire, ou ses oncles ne l'avaient-ils pas invité à assister au congrès? Rien pourtant ne retenait le jeune roi, rien ne l'empêchait d'aller à Metz ♦. Lothaire voulait-il éviter de se rencontrer

1. Voir lettres de Lothaire à Nicolas et à .Vdrien II, la première de 867, la seconde de 8G8, B. M. 1281 et 1282, Bahonius, t. XV, p. C7, coll. 1 et 2, Mansi, t. XV, col. 832.

2. Ann. lievl. 867, p. 80. Certains auteurs sui)posent qu'Eiçjil avait rapporté de Home le bruit (juc le pape allait exconiinuuicr Lolliaire, et placent au début de 8t>7 la lettre tl'Advence sk sou collè{|ue Hatton de Verilun. Nous avons réfuté plus haut cette opinion.

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