‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 290 sur 764 · TRAITE DE PARTAGE CONCLU A METZ PAR LES DEUX ROLS · texte numérisé non relu

TRAITE DE PARTAGE CONCLU A METZ PAR LES DEUX ROLS

conque Louis II et Lothaire ? Il est plus facile de poser ces questions que de les résoudre. C'est dans l'abbaye Saint-Arnoul de Metz que fut conclu le pacte des deux souverains en présence de quelques-uns de leurs évêques; Louis le Germanique avait amené Liutbert de Mayence, Altfrid d'Hildesheim et Witger d'Augsbourg, — son frère les deux Hincmar et Odon de Beauvais'.

Ainsi, Louis et Charles s'étaient réunis dans une ville appartenant à Lothaire pour s'entendre sur le partage de son ro^^aume ! On ne pousse pas plus loin le sans-géne. Cette conduite montre le peu de cas que l'on faisait de Lothaire. Comme si cela ne suffisait pas, les deux rois allaient en outre lui adresser une réprimande, comme ils l'avaient déjà fait à Tusey, deux ans auparavant. Nous avons vu que Nicolas avait reproché à Charles le Chauve d'avoir abandonné Theutberge, et qu'il l'avait invité à reprendre son ancienne ligne de conduite. Le roi de France avait été sensible aux observations de Nicolas; il avait, d'ailleurs, pu se convaincre en lisant la copie de la lettre adressée a son neveu que le pape n'autoriserait jamais l'annulation du mariage de Theutberge : à quoi bon alors essayer de soutenir une cause perdue d'avance ? Mieux valait revenir au rôle de défenseur de la morale, tout en se tenant prêt à profiter des circonstances^. L'éventualité de l'excommunication de Lothaire par le pape se présentait-elle à son esprit ? Et en ce cas songeait-il à déposséder son neveu de concert avec Louis le Germanique ? Il ne pouvait pourtant pas désirer que le pape s'attribuât le droit de lancer l'anathème contre un souverain. On a pu remarquer que dans la convention de Metz les deux rois parlent des devoirs que les papes d'autrefois ont rendus à leurs ancêtres ; les papes de l'avenir devront, eux aussi, s'en acquitter, s'ils veulent avoir la protection de Louis et de Charles. On peut voir par cette déclaration que les deux souverains n'étaient nullement disposés à favoriser les progrès de la puissance pontificale. Peut-être même, s'ils adressent un nouveau rappel à l'ordre à leur neveu, est-ce dans le but de prévenir l'intervention de Nicolas.

Six semaines après avoir écrit à Charles et à Lothaire, le pape avait envoyé à Louis des recommandations sur la conduite que ce prince devait tenir à l'égard de son neveu. Louis était invité à faire tous ses efforts auprès de Lothaire pour l'amener à aimer Theutberge, à le détourner de vouloir la contraindre à s'accuser d'un crime imaginaire. Nicolas ajoutait que jamais il n'autoriserait Lothaire à épouser Waldrade. Il parlait aussi d'Engeltrude, dont le mari tourmentait le pape, pour qu'il lui permît de prendre une autre femme; en conséquence, il demandait a Louis de forcer Engeltrude a retourner auprès de Boson. Cette lettre, datée du 7 marsî,

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