‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 291 sur 764 · J. E. 2874, MiGNE, t. GXIX, coll. ii5o-ii5i · texte numérisé non relu

J. E. 2874, MiGNE, t. GXIX, coll. ii5o-ii5i

3oO LE RÈGNE DE LOTIIAIRE II («nfi-SOy).

était peut-être nrrivée h Louis le rieiiiiaiiii[u(s ([uaiid il se rencontra avec son frère a la lin de mai ou au déliut de juin. Ne l'eùt-il pas encore i'e(;ue, (jue les renseignements fournis ()ar (lliarles sur les intentions du Souverain Pontife suffisaient à l'éclairer. Soit (ju'ils voulussent mettre leur responsal)ililé ei couvert, soit par désir de ne pas fournir îi Nicolas l'occasion d'en venir aux résolutions extrêmes, ils décidèrent de sommer encore une fois Lothaire de se conformer aux instructions pontificales. Cliarles devait aller trouver Lothaire en retournant dans ses Etats, accompagné d'un évêque allemand, dont la présence indicjuerait que Louis le Germani(pie, en cette occasion, marchait d'accord avec le roi <le France '.

Louis et Charles se séparèrent, le premier se rendant à Francfort, tandis que le second allait s'acquitter auprès de son neveu de la mission dont nous venons de parler^. Nous ne savons de quelle manière Lothaire reçut les conseils de son oncle, mais ils lui inspirèrent du mécontentement et de l'inquiétude. Il se rappela sans doute la sommation que Louis et Charles lui avaient adressée de Tusey en 865. Il s'était alors tourné vers le pape ; cette fois, il ne réclama pas son assistance. •Quoiqu'il fût brouillé avec Louis le Germanique, quoique ce dernier lui eût adressé un évêque chargé d'appuyer les remontrances de Charles le Chauve, c'est à lui qu'il s'adressa. De son avènement au début de 867, puis de 860 à la fin de 8G4, Lotiiaire s'était appuyé sur le roi de Germanie ; il allait contracter avec lui une une nouvelle alliance, qui devait durer jusqu'à sa mort. Louis lui inspirait encore plus de confiance que Charles, malgré la tiédeur ({u'il avait montrée en plus d'une circonstance, malgré l'abandon qu'il avait fait de son neveu en 864-865.

A peine Lothaire avait-il reçu la visite de Charles le Chauve, qu'il partit pour Francfort, où s'était rendu Louis en quittant Metzî. On peut remarquer ici une fois de plus avec quelle rapidité les princes carolingiens changeaient de parti. Le roi de Germanie s'était entendu k Metz avec son frère pour partager un jour les Etats de leurs neveux et pour ré- ' clamer de Lothaire la soumission aux ordres du pape : un mois plus tard ce même prince était devenu l'allié de Lothaire. Quels cadeaux ou quelles promesses son neveu lui avait-il faits pour gagner son amitié ? Lothaire dit k son oncle qu'il était sur le point d'envoyer Waldrade à Rome et d'y aller lui-même peu de temps après ; en conséquence, il lui recommandait

1. Ann. Dert. 8O7, p. 87. L'adjonction d'un évèque allemand au roi de France nous est connue par la lellre de Nicolas à Louis le Germanique du 3o ociobre 867, J. E. 2884, MiGNE, t. CXIX, col. 117.').

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