‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 302 sur 764 · Ann. Bert. 868, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 868, p

3. Ann. Bsrt. 868, p. g'5. Hincmar n'indique ni la date, ni le lieu de l'entrevue, mais il parle de celle-ci après la réception, le 26 mai, des lettres pontificales qu'apportaient Advence et Grimland, et le séjour fait postérieurement par Charles à Servais ; d'autre part, il la mentionne longtemps a\ant le plaid tenu à Pîlres en août par le roi de France. La conférence de Louis le Germanique avec son neveu doit donc se placer en juin ou juillet, et avant le 28 de ce dernier mois, car ce jour-là Louis se trouvait déjà à Ratisbonne (B. M. i43o). Ce prince avait passe à Worms une partie du mois d'avril (B. ftf. i425- 1428) et il était à Ingelheim le !<"■ juillet (B. M. 142g). Les diplômes de Lothaire II ne nous fournissent aucune indication, car nous n'en possédons pas un seul authentique de cette période; celui qui concerne Saint-Maximin, daté de Metz, i5 avril, 868, i''" indiction et iS'' année du règne de Lothaire est faux (B. M. 1288, MR. UB., t. I, n» 109). Par cet acte le roi, sur le conseil d'Advence, évèque de Metz, suivant l'exemple de ses prédécesseurs et en particulier de son père, déclare l'abbaye Saint-Maximin, alors dirigée par l'abbé Waldon, affranchie de toute autorité, sauf celle du roi, l'exempte de payer au comte le « bannus » et le « fredum u, et défend de tenir des plaids dans les terres de Saint-Maximin sans l'autorisation du roi. Le diplôme, qui ne porte pas la signature de Lothaire, est souscrit par Grimland à la place de l'archichapelain Advence.

Nous possédons le prétendu original de ce document conservé aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale (fonds latin, ms. n" 9264), ainsi que d'autres actes fabriques au nom de Pépin le Bref, de Charlemagne et de Louis le Pieux (B. M. 98, 43o et 729). Ces quatre pièces, dont ni l'écriture ni les formules ne rappelaient celles qui étaient en usage à l'c-

.'il 4 l-K UKCi.NE DE LOTIIAIUE II (855-8()(j).

aussitôt après, Lothaire faisait visite k Charles le Chauve, qui se trouvait à Attigny. Les Annales Bertiniani ue disent pas quel lui le résultat de cette entrevue. Les deux souverains iHaiont convenus de se retrouver après le i'^'' octobre, ce qui sendderait indiquer qu'ils avaient encore des questions à régler ; mais cette rencontre n'eut probablement pas lieu, car il n'en est fait aucune mention '.

En outre, avant de prendre lui-inèmc la route de l'Italie, Lothaire envoya h Rome Jean, évêque de Cambrai. Nous ignorons quelle mission il avait confiée au prélat. Avant de partir, Jean demanda à son métropolitain, qui n'était autre (ju'Hincmar, des lettres de recommandation; Hincniar les lui refusa, dans la crainte que Jean n'allât à Rome pour l'affaire du divorce. Devant cette opposition, l'évêque de Cambrai renonça-t-il k son voyage ? Toujours est-il que nous n'avons aucune preuve qu'il l'ait effectué^.

poqiie carolingienne, préseataicnl d'ailleurs un tel air de famille que tous les auteurs qui s'en étaient occupés les avaient attribues au même faussaire. Mais l'entente cessait dès qu'il s'agissait de fixer répo(iue à la(iuelle ce dernier avait travaillé : tandis que Sickel, Bei/r;e(/e ziu' Diplonintilc, n» V {SB. W. Ah., t. XLIX, p. 819, n. i) et MChlbacheu, Rey. Kav., p. 5o3, n» 1288 (cf. p. [\ô, n° 98) proposaient le xi« siècle, Bresslau, Kœniysund J'(i/isf-L'i-kiiiu/en fiir c/as Klosler S(incl-Mii.r'/nin ( Westdeutsrhe Zeiluchvift, X" année, pp. 33-3.5), se prononçait en faveur du milieu du x'' siècle ; c'était pour oblen'r un privilège d'Otton II, qui fut rendu le 21 juillet 9O3 (0". 7, DD., t. II, p. i5), qu'auraient été fabricpijjs les tpialre diplômes, et deux passages d'O". 7 auraieiU été empruntés à B. M. 1283. Ces documents ont été récemment l'objet d'un nouvel examen de la part d'A. Dopscii, qui a, croyons-nous, dit le dernier mot sur la ([uestion. Dans une étude aussi pénétrante que serrée, Dopsch a réfuté l'opinion de Bresslau et démontré (ju'O". 7 ne devait ri(|n à B. M. 1283 (op. cil., pp. 8-12) et que le rédacteur d'un aidre privilège du même souverain, rendu le 27 juin 973 (O". 42, DD., t. II, p. 5i), n'avait nullement, comme le croyait à tort Bresslau, utilisé les quatre faux diplômes carolingiens (ibid., pp. 12-18). D'après l'écriture et le formulaire de ces documents (pp. A-7). ainsi ([ue d'après leur teneur et les droits sur lesquels ils insistent le plus (pp. 19-25), Dopsch est arrivé à déterminer avec précision l'époque où le faux a été commis : c'est au xu« siècle, sous le règne de Lothaire III, alors que l'abbaye luttait pour garder son indépendance contre Albéron, archevèipie de Trêves, qui triompha d'ailleurs en 1139 sous Conrad III (St. 8892 et SSgS), (pie nos documents ont été fabri(piés. Reste à explicpier dans le diplôme de Lothaire II la mention d'Advence, de Grimland et de Waldon, tous personnages qui sont bien les contemporains de ce roi. Bresslau, illid., p. 33 et n. 1, su])pose que le faussaire a eu sous les yeux un acte authentique de Lothaire; -Mciilbacheu croit au contraire (pi'il n'a pas eu de modèle et qu'il a trouvé les noms de Grimland, d'.\dvence et de Waklon dans le manuscrit de Trêves d'où ont été tirées les lettres de Lothaire II (B. M. 1281) et d'Advence à Nicolas. D'après Dopsch (p. 8), les originaux des diplômes de Pépin, de Cliarlemagne, de Louis le Pieux et de Lothaire H, pouvaient très bien exister encore en glKi, (pioi (pi'en pense Bresslau (pp. 34- 3.">); mais les possédait-on encore à Saint-.Maximin au xu^ siècle, et les a-t-on utilisés jwur la fabrication des faux ? Là-dessus Dopsch ne se prononce pas. Le fait ipie les formules employées sont celles en usage au temps de Lothaire 111 n'exclut pas nécessairement la possibilité de l'existence d'un modèle ; le faussaire a très bien pu rajeunir le style d'un diplôme de Lothaire 11 et le mettre au goût du jour. Mais en admettant (pi'un acte autlienlicpie lui ait fourni les noms de Waldon et du chancelier Grimland, aucun certainement n'a été contresigné au nom d'Advence. .\ la rigueur, on pourrait admettre tpie l'évoque de Metz avait succédé à Gunther dans la dignité d'archichapelain et cpi'un document, aujourd'hui perdu, avait instruit de la chose le faussaire ; mais comment ce dernier a-t-il eu l'idée de faire en outre d'Advence le chef de la chancellerie royale ? Ce n'est pas dans les diplômes de son temps tpi'il a vu les directeurs de ce service en possession de la charge d'ardiichapelain. Il y a là un iiroblème cpie les données que nous possédon^ ne nous |»iTmettenl pas de résoudre.

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