‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 301 sur 764 · Nous avons parlé plus haut, p. 3io, de ces lettres · texte numérisé non relu

Nous avons parlé plus haut, p. 3io, de ces lettres

l\. Lettre du 8 mars 858, J. E. 2905, Mione, t. CXXII,coll. 1 272-1273. D'après Hi.ncmah, qui parle de cette lettre dans les Ann. Bert. 808, p. yi, Adrien l'aurait nommé son vicaire pour l'atraire de Lothaire. Le pape ne dit rien de pareil ; il s'exprime en termes vagues, et ne confère aucune mission déterminée à l'archevècpie de Reims. L'interj)rétat on donnée par Hincmar à la lettre d'.Vdrien a été acceptée, ou à peu près, par Lapotre, op. cit., p. /(oo, par Scihuers, op. cit., p. 292, et combattue i)ar WEizs.t:c.KEii, Ilinhnmr iind Pseudo-Isidor (Niednehs Zeitsclirift fiir historische Tieoloijie, i8'8, p. 4' A), q"' a d'ailleurs commis un contresens, relevé par Nooruen, I/inkniiir, j». uSg, n. 5, en traduisant (I in islis partibus » par « dans ce pays » (la Lorraine), et en croyant par suite qu'IIinc inar se donnait pour vicaire du Saint-Siège en Lorraine. Hui:iiTi.N(i, lllauhioiirdiykeit llinknuirs, p. i5, et Dummler, t. II, p. a3o, n'admettent pas non |)lus l'extension ni le sens précis donnés par Hincmar aux ])aroles d'Adrien. Comment le pape, qui voulait être agréable A l'empereur et A son frère, anrail-il justement choisi H.ncnuir, l'ennemi de Lothaire, \nn\v le ciiarger de surveiller et de reprendre ce prince ?

LOTILURE AUTORISÉ PAR ADRIEN A VENIR A ROME (863). 3l3

Vienne, qu'il ne souffrirait pas que l'on cassât les décrets de Nicolas'. Mais que valaient ces protestations, du moment que les actes du Pontife n'y répondaient pas ? La condescendance qu'Adrien témoignait à Louis II et à son frère inspirait de sérieuses inquiétudes à la portion de l'épiscopat qui restait fidèle à la mémoire de Nicolas et attachée à sa politique : les efforts d'Adrien pour gagner la confiance des partisans de son prédécesseur en sont une preuve convaincante. Nous ne voulons pas nier sa bonne foi, mais les apparences étaient contre lui, et ses actes donnaient un démenti à ses paroles.

Entre autres faveurs qu'il avait accordées à Lothaire, nous avons vu qu'il l'autorisait à faire le voyage de Rome, que lui avait toujours interdit Nicolas. Il eût semblé naturel que le jeune roi se hâtât d'user de cette permission, qu'il réclamait depuis si longtemps, mais il attendit plus de huit mois pour se mettre en route. On s'explique le retard de Lothaire à partir, quand on songe aux appréhensions que lui causait le roi de France ; il se méfiait de son oncle, nous dit Hincmar ^, et la conduite de Charles durant les sept dernières années légitimait les craintes de son neveu. Ne profiterait-il pas de l'absence de celui-ci pour lui enlever son royaume ? Il y avait longtemps qu'il en caressait le projet ; le départ de Lothaire pour l'Italie fournirait à Charles une excellente occasion pour mettre la main sur ses Etats.

Lothaire, avant de s'en aller, crut donc prudent de s'assurer des dispositions de ses oncles à son égard. Il se rendit d'abord auprès de Louis le Germanique, avec qui il s'était réconcilié et allié l'année précédente. Cela n'avait pourtant pas empêché ce prince d'approuver la réunion à Auxerre d'un concile qui devait s'occuper de Lothaire IL Le roi de Germanie jura à son neveu qu'il ne ferait rien pour l'empêcher d'épouser Waldrade et ne lui causerait à l'occasion de ce mariage aucun désagrément 3. Presque

1. Cette lettre est aussi ilu 8 mars 808, J. E. 2j07, ^^IG?^E, t. GXXII, coll. 1274-1276.

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