‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 312 sur 764 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

lothaire ii et les nor.mands (855-80(j). gouvernement de loth.vire ii.

Jugement sur ce prince.

Lothaire P'' n'avait pas déployé beaucoup d'activité ni d'énergie dans la lutte contre les Normands. La seule chose qu'il fît pour essayer de mettre un terme aux ravages de ces pirates fut de confier le gouvernement de la Frise à des Normands convertis au christianisme. Heriold, puis après lui Roric et Godfrid, reçurent de l'empereur la mission de s'opposer aux déprédations de leurs compatriotes restés païens. Ce moyen demeura sans efficacité : malgré Heriold, Roric et Godfrid, les flottilles normandes continuèrent d'écumer les côtes de la Frise et de remonter le Rhin, pillant et brûlant tout, le long des rives du fleuve. Les fâcheux résultats qu'avait donnés ce système ne corrigèrent pas Lothaire II, ne le détournèrent pas d'y recourir. Roric et ses compagnons restèrent les maîtres et les défenseurs de la Frise, au moins de la partie de cette contrée qui se trouve aux embouchui^es du Rhin et de la Meuse ; pas plus que par le passé, ils n'empêchèrent leurs compatriotes de venir piller le pays. Y avait-il de leur part impuissance ou trahison ? Il eût été naturel que ces Normands fissent tous leurs efTorts pour se conserver la jouissance exclusive du pays dont la garde leur avait été confiée ; leur intérêt bien entendu était de garder pour eux seuls les profits qu'ils tiraient de l'exploitation de la Frise, et de ne permettre k personne d'en récolter une partie. Quant à Lothaire, tout occupé à l'afTaire de son divorce, il ne trouva guère le loisir de combattre les pirates ; lorsqu'il essaya de le faire, ce fut sans beaucoup de succès. Comme son oncle Charles le Chauve, il se résigna k l'humiliation de payer un tribut k une bande de pirates, pour la décider k quitter son royaume. Inertie, faiblesse, impuissance, voila ce que nous constatons dans la politique du jeune Lothaire k l'égard des Normands.

Au moment où il monta sur le trône, la Frise était délivrée de Roric et de son neveu. A la suite d'une sanglante guerre civile, il n'était resté en Danemark qu'un seul prince, encore enfant, de la famille royale qui descendait de Godfrid, le contemporain et l'ennemi de Charlemagne. Les circonstances avaient paru favorables k Roric et k Godfrid, qui appartenaient, eux aussi, k une maison royale, pour remonter sur le trône de leurs ancêtres. Au début de 855, ils mirent k la voile pour le Danemark, mais leurs efforts n'eurent aucun succès'. Ils reprirent alors le chemin

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