SORT RÉSERVÉ AU ROYAUME DE LOTHAIRE II
cun d'eux isolément. Un jour même serait peut-être venu où la mort de ses cousins l'aurait fait leur héritier et le souverain d'un grand Etat ; il aurait pu ceindre la couronne impériale, tout comme Arnulf, qui n'était, lui non plus, qu'un bâtard, et inscrire sur ses sceaux et ses monnaies : Renovatio regni Francoriim. Hugues essaiera un jour de revendiquer l'héritage de son père, mais sa tentative avortera, parce qu'elle se produira trop tôt. Moins pressé de faire valoir ses droits, et plus scrupuleux dans le choix des moyens, il aurait peut-être réussi. Son ambition inquiète, ses violences, ses perfidies furent cause de sa perte.
Alors commença pour l'héritage de Lothaire, sorti pour toujours de la famille de ce prince, cette existence troublée, incertaine du lendemain, qui n'a pas encore cessé aujourd'hui d'être la sienne. Il allait être ballotté entre les deux Etats voisins, qui, plus heureux que lui, devaient, non sans avoir subi de nombreuses vicissitudes, conserver leur unité et leur indépendance. C'est l'histoire de ces fluctuations qu'il nous reste maintenant à raconter jusqu'en 925, jusqu'au jour où le pays, cessant d'être gouverné par les descendants de Charlemagne, s'unit pour de longs siècles au royaume dont Louis le Germanique avait été le premier souverain, et qui obéissait alors à Henri l'Oiseleur. Aix-la-Chapelle, la résidence du grand Charles, et l'ancienne Austrasie mérovingienne, la terre franque par excellence, le berceau des Carolingiens, tombaient au pouvoir d'un Saxon !