AMBASSADE ENVOYEE PAR LOUIS II ET ADRIEN II
Il se décidait enfin, après une perte de plusieurs semaines, à occuper son nouveau royaume, et à prendre possession de la capitale. Les grands de la contrée avoisinante l'avaient invité à se rendre dans cette ville, où ils devaient se recommander à lui. Avant de partir pour Aix-la-Chapelle, Charles enjoignit aux grands de la Provence et de la Haute-Bourgogne de venir lui faire leur soumission ; c'était à Gondreville, pour le 1 1 novembre, qu'il les convoquait. Une déception l'attendait à Aix-la- Chapelle' : il ne trouva dans cette ville que ceux qui dès l'origine avaient reconnu son autorité. Contrairement à son attente, aucun de ceux qui tenaient pour Louis le Germanique ne se rallia à lui. C'était un premier échec ^.
Nous ne savons si la réunion de Gondreville lui causa, comme celle d'Aix-la-Chapelle, un mécompte. Certainement, ni Gérard de Roussillon, ni les grands de Provence qui étaient soumis à l'influence de l'ancien régent ne vinrent à Gondreville. Les archevêques de Besançon, de Lyon et même de Vienne devaient, au contraire, soit tout de suite, soit un peu plus tard, se déclarer pour le roi de France, comme le prouve la lettre écrite à Louis le Germanique en faveur de Bertulf ; Hincmar a tenu la plume, mais Arduic, Rémi et Adon ont approuvé le langage de leur collègue, puisque celui-ci parle en leur nom comme au sien propre 3.
A Gondreville Charles le Chauve reçut une double ambassade, que lui adressaient conjointement l'empereur et le pape : l'une et l'autre avaient trait au royaume de Lothaire •♦. Louis II, en apprenant la mort de son frère, avait immédiatement deviné que ses oncles chercheraient à s'emparer des Etats du défunt. Ne pouvant ou ne voulant pas défendre ses
1. Des deniers frappés à Aix-la-Chapelle avec le monogramme de Charles et la formule « Gratia Dei rex » doivent èlre attribués à Charles le Chauve (E.xgel et Serrure, op. cit., t. I, p. 242) et non à Charles le Gros (Gariel, op. cit., p. 266), qui ne devint maître de cette ville qu'en 882, alors qu'il était déjà empereur.