‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 336 sur 764 · Ann. Bert. 869, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 869, p

3. Voir cette lettre dans Flodoard, //. R. E., liv. III, ch. 20, éd. Lejeune, t. II, p. 190. La lettre, dont nous avons déjà parlé, que Charles écrivit à l'archevêque de Vienne, aussitôt après la mort de Lothaire, pour l'inviter à consacrer comme cvêque de Grenoble un clerc qu'il ne nomme pas, prouve que le roi comptait sur la fidélité et l'obéissance du prélat. La chronique rédigée par Ado>' nous fait voir en lui d'ailleurs un partisan et un admirateur de Charles, à qui il prodigue les éloges et les flatteries.

4- Ann. Bert. 869, p. 107 ; Hincmar, Ep^ ad Adrianuin et Libellas expostiilationis adversiis Hincmariun Laudunenseni episcopum, ch. 27 (Migne, t. CXXVI, coll. 176 et Gii). Le même Libellas, ch. 29, col. 6i5, nous apprend qu'Advence se trouvait à Gondreville. — Le 24 novembre, étant à Gondreville, Charles confirma ou restitua à l'abbaye touloise de Saint-Evre les biens que lui avaient reconnus l'évêque Frothaire et l'empereur Louis le Pieux, et dont elle avait perdu une partie, interdit à l'évêque de toucher à ces biens, et autorisa les moines en cas de besoin d'en appeler au métropolitain, prescrivit d'ailleurs à l'abbé et aux moines de respecter l'autorité de l'évêque, à qui Saint-Evre était soumis, menaça enfin des peines temporelles et canoniques ceux qui se permettraient de porter atteinte aux privilèges concédés par Charles lui-même, par son père et par Frothaire (B. 1762, R. H. Fr., t. VIII, pp. 620-621). M. Giry, qui a bien voulu nous communiquer ses notes, suspecte l'authenticité de ce diplôme, dont le préambule, certaines parties du dispositif et les clauses comminatoires présentent des anomalies, des étrangetés dans leur rédaction. Ou l'acte a subi des interpolations, ou le diplôme de Louis le Pieux, qu'il reproduit en partie et qu'il confirme, était faux.

354 LA LORRAINE PARTAGEE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (8(kj-879).

droits par la force, il résolut de faire intervenir Adrien H : peut-ôtre les représentations du pape seraient-elles plus écoutées que les siennes. Sur l'ordre de l'empereur, Adrien écrivit donc tatit aux anciens sujets de Lotlialre II, ((u'aux rois de France et de Germanie : les premiers doivent se soumettre îi Louis, les deux princes ne pas chercher à usurper un héritage ([ui revient de droit k l'empereur.

Adrien ordonne aux grands de Lothaire de reconnaître pour souverain Louis 11, ([ui est l'héritier légitime de son frère. S'ils se rallient îi un autre prince, ils seront frappés d'anathème, comme l'usurpateur luimême'. Dans d'autres lettres le pape s'occupe des élections épiscopales. Les prélats ne doivent consacrer évéque qu'un clerc à qui l'empereur Louis aura conféré le siège vacant. C'est aux évêques de Gaule, c'est-àdire de l'ancien royaume de Lothaire, qu'Adrien fait cette recommandation ^. Il en adresse une du même genre au duc Gérard et au comte Rotfrid, qu'il invite h ne laisser procéder à une consécration épiscopale, que si elle a été ordonnée par l'empereur 3.

Le pape interdit en même temps à Charles le Chauve d'envahir le royaume de Lothaire H : c'est Louis II qui est l'héritier légitime de son frère ■». Nous ne savons si Charles était menacé, en cas où il désobéirait, d'être excommunié. Adrien, non content d'écrire au roi de France, s'adresse à ses grands et à ses évêques. Aux premiers il rappelle les services rendus par l'empereur au christianisme, en luttant contre les Sarrasins. Faire du tort a ce prince, le frustrer du royaume de son frère, dont il doit hériter, c'est s'attaquer k l'Eglise. Que les grands de Charles détournent donc leur souverain de rien entreprendre contre les droits de Louis II. S'ils prêtent les mains à une usurpation, ils seront frappés d'anathème >. — Les évêques français reçoivent des recommandations analogues, mais au lieu d'être excommuniés, s'ils n'obéissent pas aux ordres du pape, ils seront suspendus de leurs fonctions^. — Adrien avait adressé k Hincmar une lettre personnelle. Il entend, lui déclare-t-il, que

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